Tours : la revue La Déferlante annule sa venue aux Assises pour protester contre Nicolas Hulot, accusé d'un viol en 1997

Nicolas Hulot est l'invité d'une conférence sur le thème de l'urgence climatique ce mercredi 29 septembre. Pour dénoncer sa programmation, la journaliste Marie Barbier, co-rédactrice en chef de la revue La Déferlante, a décidé d'annuler sa participation aux Assises du journalisme, prévue ce matin.

Elle devait intervenir ce mercredi 29 septembre, pour une table ronde intitulée : "Ils se sont lancés cette année". Pourtant, son siège est resté vide ce matin : invitée aux Assises du journalisme de Tours, la co-rédactrice en chef de la revue La Déferlante Marie Barbier a annulé sa venue au dernier moment, pour protester contre la présence au programme de Nicolas Hulot. 

L'ancien ministre de la Transition écologique et actuel président d'honneur de la fondation qui porte son nom intervient dès ce soir pour une table ronde sur le thème de la responsabilité journalistique dans le cadre de l'urgence climatique.

Seulement, Nicolas Hulot est accusé de viol depuis 2008. Au moment des faits en 1997, la victime, alors stagiaire photojournaliste, était âgée de 19 ans quand lui en avait 42. Une affaire remise sur le devant de la scène médiatique depuis quelques jours par la sortie d'un ouvrage signé Jean-Michel Aphatie. 

"Considérer la parole des victimes"

Sur son compte Twitter, la revue explique l'annulation de la participation de sa rédactrice en chef dans un thread ce mercredi matin :

L’affaire Hulot est le révélateur d’un fiasco journalistique. A notre sens, c'est ce fiasco et ce que Jean-Michel Apathie nomme "une absence de curiosité [des médias] rare, exceptionnelle" qu'il faudrait interroger dans ces Assises. Dans ce contexte, la présence de La Déferlante aux Assises du journalisme reviendrait à entériner l’impossibilité pour notre profession d’enquêter sur les affaires de violences sexuelles.

La Déferlante

En raison de la prescription des faits, Nicolas Hulot a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire. Un non-lieu qui "ne doit pas nous empêcher de considérer la parole des victimes", peut-on lire dans la suite du thread. L'avant dernier tweet explique que, "dans un pays où les statistiques établissent que seul 1% des viols et tentatives aboutissent à une condamnation, il nous parait important d’interroger le fonctionnement de la justice".

La Déferlante est un média trimestriel, défini comme "la revue des révolutions féministes" qui "analyse l'époque dans une perspective féministe". Le premier numéro est sorti en mars 2021, raison pour laquelle Marie Barbier devait participer à la table ronde sur les nouveaux médias.

 

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