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“Violence“ vegane : les bouchers craignent ”un effet de contagion”

Photo d'illustration. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Photo d'illustration. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Dans un courrier adressé le 22 juin au ministre de l'Intérieur, un syndicat de bouchers dénonce "l'intimidation" exercée par des militants vegans ou anti-spécistes à l'encontre de leurs commerces. Dans la région, où les cas de dégradations restent rares, le sentiment est partagé.

Par ML

Ce samedi soir de juillet 2017 était propice à la promenade. Aux alentours de 21h, il fait encore jour. Mais sur le chemin de retour, Denis Lefebvre, boucher à Tours depuis une vingtaine d’années, trouve la devanture de sa boutique maculée de rouge. « Des anti-viandes avait mis une imitation de sang le long de la vitrine, sur cinq mètres de long », se remémore-t-il aujourd'hui. Deux semaines plus tard, l’épisode se répète.
 
Le pas de la boutique de Denis Lefebvre, où du faux-sang a été versé en juillet 2017. / © D. Lefebvre
Le pas de la boutique de Denis Lefebvre, où du faux-sang a été versé en juillet 2017. / © D. Lefebvre

 
Heureusement pour l’artisan, aucun dommage irréversible n’est fait à la vitrine, qui a été refaite à neuf deux jours plus tôt. « Abasourdi », « déçu », Denis Lefebvre n’a pas porté plainte. « Ils ont quand même respecté le travail de devanture, reconnaît-t-il. Ils ont mis la peinture au sol. » Il lui aura suffi de nettoyer le trottoir et la façade pour pouvoir de nouveau accueillir ses clients dans les conditions habituelles.
 

Une "escalade de la violence"


Si l’on en croit la Confédération Française de la Boucherie-Charcuterie Traiteurs (CFBCT), ce type d’incident n'est pas rare à l'échelle du pays. Dans un courrier adressé vendredi 22 juin au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le syndicat dénonce une « intimidation », une « escalade de la violence » voire même « une forme de terrorisme » de la part de militants de la cause animale ou vegans souhaitant « imposer à l’immense majorité [leur] mode de vie pour ne pas dire [leur] idéologie ».
 

Au-delà des dégradations de façades, notamment dans les Hauts-de-France où sept boucheries ont été aspergées de faux-sang en avril, les bouchers se plaignent d’une hostilité croissante de la part d’une partie de la population. « Il y a parfois des comportements anti-boucherie, reconnaît Denis Lefebvre. Des gens qui, quand ils passent devant, se bouchent le nez. »

Appel au calme


 « On doit se respecter, renchérit Monique Marsais. Ça concerne une petite partie de la population, mais qui a un grand écho médiatique. » La présidente de la Chambre syndicale de la boucherie-charcuterie traiteur de l'Indre reconnaît ne pas avoir eu vent de cas similaires dans son département, où les ventes, selon elle, sont constantes sur les dernières années. Elle se déclare toutefois solidaire du courrier, dont elle espère qu’elle permettra « d’assagir, assainir un peu la situation ».
 

Même sentiment pour James Doiseau, président de la Fédération de la boucherie d'Indre-et-Loire, à qui des cas isolés de dégradation à Tours ont été signalés "depuis un ou deux ans". "On essaie de peindre un profil de gens rendus agressifs par la vue du sang ou par la consommation excessives de viande, développe-t-il. On est des professionnels respectables et respectés jusqu'à aujourd'hui."
 

"Il va y avoir un effet de masse, un effet de contagion", craint le boucher, qui rappelle l'intention des bouchers de "ne pas aller à l'affrontement". Début juin, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s'était déjà émue de "comportements extrémistes" de la part de militants anti-spécistes, qui s’opposent notamment à la hiérarchisation entre l’être humain et les autres espèces animales.
 

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