Idées de sorties. Dans l’Indre le Festival des Milliaires, une folle édition

C’est un festival singulier dans le paysage berrichon. Elitiste diront certains, mais aussi populaire et familial, fait de concerts, de visites guidées, de conférences et de stages de déclamation et de chant. Il se tient cette année du 4 au 14 Août.
Répétitions dans la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre pour le festival des Miliaires.
Répétitions dans la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre pour le festival des Miliaires. © V. Pillon

Il est devenu un incontournable des programmations touristiques de l’Indre. Depuis 2007, le Festival des Milliaires y figure en bonne place.

Cette année le thème retenu est la folie. Véronique Pillon, son organisatrice nous explique. "Tout est autour du thème de la folie, de la folia, on propose du théâtre, de la musique des visites, architecturales et même de l’hôpital de Chezal-Benoît, parce qu’il y a une manière très particulière en Berry, de traiter et de soigner la folie, qui avait été initiée par la Préfecture de Seine, en envoyant les malades à Chezal-Benoît, Dun -sur- Auron. On essaie de faire un peu le tour du sujet et on accompagne ça de conférences".

L’Éloge de la Folie est pour mémoire, une déclamation écrite en latin en 1509 par Erasme de Rotterdam et imprimée pour la première fois en 1511 à Paris chez Jehan Petit et Gilles de Gourmont. Il en a conçu les grandes lignes au cours de ses voyages en Italie ou en Allemagne, rédigeant en une semaine ce texte qu’il révisa et développa ultérieurement. C’est une des œuvres qui ont eu le plus d’influence sur la littérature du monde occidental. Et aux dires des spécialistes a été l’un des catalyseurs de la Réforme.

Pour rendre ce texte plus vivant et plus compréhensible à nos contemporains, les participants et le public finiront par chanter le texte lui-même.

"Le 14, il y a les stagiaires de déclamation, qui vont déclamer le texte, on aura des chants exécutés aussi par les stagiaires, des instrumentistes professionnels, et le public sera amené à participer" précise Véronique Pillon, qui ajoute que cette pratique est très appréciée du public. Le spectacle final aura lieu au théâtre romain de St Marcel, sur le site d’Argentomagus.

Le théâtre romain de St Marcel, sur le site d’Argentomagus.
Le théâtre romain de St Marcel, sur le site d’Argentomagus. © V. Pillon

Auparavant le festival débutera le 4 Août prochain à la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre par un concert au cours duquel les spectateurs pourront assister à la création d’un oratorio de Jean-Baptiste Médard, sur le thème de "l’éloge de la Folie".

Ce dernier, universitaire à Dijon, compositeur, et organisateur de festivals, âgé de 53 ans a écrit cette pièce, emplie de références, pour ses filles dit-il, qui ont bien sûr baigné dans la musique dès leur plus jeune âge.

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Il explique : "il y a environ 250 compositeurs qui ont travaillé sur ce thème de la Folia depuis le Baroque. C’est une ascèse au niveau de l’harmonisation. C’est-à-dire que nous n’avons pratiquement pas de subtilités. On reste dans la même mouvance de tonalité".

Spécialiste des œuvres miroirs, qui comme son nom l’indique reflète la manière du compositeur d’origine, Jean-Baptiste Médard a appliqué cette méthode à la création de son œuvre.

Pour montrer la folie, j’ai choisi 5 basses de Corelli*, j’ai fait trente variations sur le thème, et j’ai  composé sept voix.

*Corelli est considéré comme l’un des principaux musiciens de la période Baroque.

Un descriptif assez compliqué pour le commun des mortels, mais qui a comme résultat de permettre au compositeur des incursions dans la modernité, tant il est vrai que la folie est un thème universel qui traverse les âges.

Autre précision nécessaire. À l’origine la Folia ou Folies d’Espagne est une danse apparue au 15 ème siècle, probablement au Portugal, dont le thème a donc servi à de nombreuses variations, la dernière en date étant présentée le 4 Août prochain. 

Toute la famille sera sur scène pour interpréter cet oratorio où les références à l’époque actuelle seront nombreuses aux dires de son compositeur à commencer par le fameux virus, qui symbolise pour lui la folie du monde. Et qui sera illustrée par la dissonance des voix de ses deux filles soprano et Mezzo-soprane.

À découvrir donc, avec la possibilité de rencontrer Jean-Baptiste Médard avant le spectacle. Un de ces privilèges que les festivals d’été offrent en général, notamment avec les musiciens, moins couramment avec des compositeurs.

Informations pratiques

 

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