Jean-Luc et Aline Braud sont éleveurs. Installée à Lignac, au sud du département, leur ferme compte environ 500 moutons et une cinquantaine de vaches. Depuis la fin d'année dernière, ils sont en première ligne face à l'arrivée de la wohlfartia. "Elles pondent des larves très agressives et résistantes, qui s'attaquent aux chairs des animaux", explique l'éleveur.
Des larves qui dévorent la chair des animaux d'élevage, causant des plaies impressionnantes. Une fois arrivées à maturation, la nouvelle génération de mouche peut pondre au même endroit, aggravant le risque d'infection, ou s'attaquer à de nouvelles bêtes.
Une espèce agressive et résistante
Mais d'où vient cette mouche tueuse ? Originaire des rivages méditerranéens, elle a progressé en Europe depuis le XIXe siècle à cause de l'intensification de l'élevage ovin, et son développement récent pourrait aussi être lié aux changements climatiques et environnementaux. Comme le rappelle Eric Darrouzet, de l'Institut de recherche sur la bilogie de l'insecte (IRBI) de Tours, "tous les milieux entropisés, modifiés par l'homme, sont sensibles à toute invasion biologique". Mais le chercheur préfère rester prudent quant au caractère invasif de la mouche, et aux pistes pour expliquer son expansion.Jean-Luc Braud, de son côté, voit aussi dans l'industrialisation de l'élevage un facteur aggravant. Le transport d'animaux en masse vers une structure intensive d'abattage en Vienne a pu faciliter l'arrivée de la mouche dans la région voisine. Quoi qu'il en soit, il reste très compliqué de lutter contre wohlfahrtia, dont la larve est très résistante.
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— NACA (@gs_naca) 13 mars 2019
En fin d'année dernière, une dizaine des bêtes de la ferme des Crouzettes ont été touchées par la mouche wohlfahrtia. Mais après un hiver doux et le retour de l'été, les éleveurs ovins de l'Indre, déjà fragilisés par un contexte économique difficile, craignent un retour en force de la mouche tueuse. Dans le département voisin de la Vienne, où le parasite sévit depuis plusieurs années, certains éleveurs craignent de perdre "jusqu'à 70%" de leur cheptel.