Journée internationale du droit des femmes : Nienke Koumans, agricultrice de l’Indre, à l'honneur

Créatrice de Marguer'ice, des crèmes glacées faites maisons avec le lait de ses propres vaches, Nienke Koumans est mise à l'honneur par le ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances. La récompense d'un parcours et d'un engagement exceptionnel.

© Nienke Koumans

"Être une femme ne nous empêche pas de croire en l’incroyable et de prendre non seulement sa vie mais le monde en main." C’est le message qu’a voulu faire passer, Élisabeth Moreno, Ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, en lançant la campagne "1 000 possibles". L’occasion de mettre en lumière de nombreuses femmes pour leurs engagements. C’est le cas notamment de Nienke Koumans, agricultrice à Clion dans l’Indre et initiatrice de Marguer’ice une marque de crème glacées maisons à base de lait entier de ses vaches.

Décorée de la "médaille de l'égalité"

Agricultrice, cheffe d’entreprise, pompier volontaire, membre de la commission des agricultrice de l’Indre. Nienke Koumans accumule les casquettes. Ce qui lui vaut d’être décorée de la "médaille de l’égalité", distinction de la campagne "1 000 possibles" honorant des femmes "qui s’illustrent au quotidien par leurs engagements". L’agricultrice possède une centaine de vaches laitières sur son exploitation et utilise une partie du lait pour faire ses glaces. Elles sont aujourd’hui vendues dans des magasins de producteurs, des restaurants, des grandes surfaces de 5 départements. "Nous sommes obligés de vendre à des enseignes locales car le transport de glaces coûte très cher et nous l’assurons nous-même", explique Nienke Koumans. Le succès est au rendez-vous, ce qui lui permet même d’embaucher un employé pour l’aider à la fabrication des glaces. 

Pourtant avant 2008, Nienke Koumans travaillait en tant qu’assistante commerciale mais a choisi de lâcher son travail pour s’installer dans sa ferme de Clion. "C’est un choix de maman", sourit l’agricultrice et cheffe d’entreprise. Elle se rappelle : "Je passais mon temps au travail et dépensais mon salaire dans une nourrice sans même pouvoir voir mon enfant grandir !" Quand son deuxième enfant est arrivé elle a décidé de changer. Parmi toutes ses casquettes, celle de maman est la plus importante pour Nienke Koumans. 

Un projet mené seule de A à Z

C’est en 2009, suite à la lecture d’une brochure dans un magazine d’agriculture qu’elle a eu l’idée de se lancer dans les glaces. Pour autant, pas question pour l’agricultrice de racheter un concept pour vendre ses glaces. D’autant plus qu’elle connaissait déjà des fermes qui vendent des glaces : "Ça se fait beaucoup le long des grandes pistes cyclables aux Pays-Bas, d’où je viens." Fort des compétences acquises avec son BTS en commerce international, Nienke Koumans se lance dans presque 2 années de recherche afin de développer son idée de la meilleure des manières possibles. "Je voulais absolument tout faire moi-même, du business plan au logo, et pas seulement reprendre un concept déjà existant", raconte-t-elle. En 2011, les premières glaces maisons voient le jour. 

Ce n’est pourtant qu’en 2016 qu’elle a vraiment commencé à faire de la pub et commercialiser ses glaces. "Je me suis lancé à fond dans l’entreprise une fois que mon dernier enfant est allé à l’école", justifie Nienke Koumans. Aujourd’hui, si ses glaces acquièrent une certaine popularité, elle veut rester dans le même modèle, sans s’industrialiser. C’est la qualité du produit qui l’anime.

Avec la commission des agricultrices, on a obtenu d’avoir des remplacements au sein de nos exploitations en cas de congé maternité.

Nienke Koumans, agricultrice et créatrice de Marguer'ice

En 2018, déjà, Nienke Koumans était distinguée pour ses glaces. Elle a fait partie des 5 finalistes du prix de l’innovation pour les agricultrices. "Devant le jury, je voulais surtout expliquer la dureté du métier", se souvient la créatrice de Marger’ice. Car si le métier d’exploitant agricole est difficile, il l’est d’autant plus quand on est une femme dans un milieu "très masculin". Mais Nienke Koumans veut aussi faire bouger les choses. "Avec la commission des agricultrices, on a obtenu d’avoir des remplacements au sein de nos exploitations en cas de congé maternité", se félicite-t-elle.

Avec cette récompense elle espère que les problèmes d’inégalité vont être abordé mis en lumière pour les résoudre. Elle s’agace notamment de l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Pourtant elle n’y est pas sujette : étant à moitié propriétaire de sa ferme avec son mari, elle récupère la moitié des revenus. "C’est la troisième fois que je suis honorée, ça fait toujours plaisir. Mais le plus important, c’est de parler des difficultés des femmes, rappelle Nienke Koumans. Tous les ans, on en parle une journée et puis plus rien !"

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
femmes société agriculture économie entreprises journée internationale des droits de la femme