Assassinat de Xavier Jugelé sur les Champs-Élysées : l'intermédiaire jugé en appel

Publié le
Écrit par Thomas Hermans .

Le policier originaire de Romorantin-Lanthenay est mort le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées, assassiné par Karim Cheurfi. Le procès en appel de deux hommes, soupçonnés d'implication dans l'assassinat, s'est ouvert ce lundi 26 septembre à Paris.

Enfin des réponses, cinq ans après la mort du gardien de la paix Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées ? Le procès en appel de deux hommes impliqués dans l'assassinat s'est ouvert ce lundi 26 septembre devant la cour d'assises spéciale de Paris. 

Le 20 avril 2017, Karim Cheurfi avait tué le policier originaire de Romorantin en Loir-et-Cher, et blessé deux de ses collègues ainsi qu'une touriste allemande, avant d'être abattu par des tirs de riposte. En première instance, quatre hommes accusés de l'avoir aidé à se procurer son fusil d'assaut avaient été jugés.

"Je n'ai pas dit toute la vérité"

Condamné à dix ans de prison alors que le Parquet national antiterroriste (Pnat) avait réclamé 18 ans de réclusion à son encontre, Nourredine Allam, 32 ans, est l'un des deux accusés à comparaître de nouveau devant les juges ce lundi. Il est jugé pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime aux côtés de Médérik Marinne, 29 ans, seul accusé acquitté en première instance et qui comparaît libre, sous contrôle judiciaire.

"Je n'ai pas dit toute la vérité car j'ai eu peur" lors du premier procès, a admis d'emblée Nourredine Allam. Il a reconnu avoir servi d'intermédiaire entre le tueur et Yanis Aidouni et Mohamed Bouguerra, accusés d'avoir vendu la kalachnikov à Nourredine Allam. Les deux hommes ont été respectivement condamnés à six et cinq ans d'emprisonnement en première instance, et ne sont pas jugés en appel.

"Je n'ai pas acheté l'arme. J'ai seulement mis en relation" Cheurfi avec Aidouni et Bouguerra, a insisté Nourredine Allam, cheveux ras, gilet et blouson noirs. Accusé d'avoir revendu une kalachnikov au tueur, qualifié de "petit escroc" par les enquêteurs, il avait été jugé en première instance pour association de malfaiteurs terroriste. Mais cette qualification n'avait pas été retenue par la cour qui avait estimé que le "simple fait de vendre une arme à un individu dangereux susceptible de tuer des policiers ne suffit pas à caractériser une infraction terroriste".

Radicalisé ou opportuniste ?

Comme en première instance, la principale question du procès en appel sera de déterminer si Nourredine Allam a armé Karim Cheurfi en connaissance de cause. L'accusation avait concédé que le suspect n'était pas "radicalisé", et que sa seule motivation était l'appât du gain. L'organisation Etat islamique (EI) avait revendiqué de façon opportuniste l'attentat se trompant au passage dans son communiqué sur l'identité de l'assaillant.

Jugé pour détention non autorisée de matériel de guerre, Médérik Marinne, ancien animateur scolaire et fils de policier, a été le seul accusé acquitté en première instance. Ses empreintes avaient été retrouvées sur l'arme du tueur. Lors de ses interrogatoires, il avait expliqué avoir touché l'arme "par accident" alors qu'il était en compagnie de Yanis Aidouni et Mohamed Bouguerra. "Je n'ai rien à voir avec cette affaire. Je suis fatigué. Je n'ai vraiment rien à voir avec ça", a dit le jeune homme, en pantalon blanc et gilet noir, à l'occasion de ses premières déclarations devant la cour.

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 7 octobre.

Avec AFP.

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