Eau potable à l'hôpital de Montargis : une aide-soignante convoquée pour sanction après son témoignage sur France 3

Pour le lavage des mains à certains point d'eau, l'eau doit être purgée tous les jours. / © France Télévisions
Pour le lavage des mains à certains point d'eau, l'eau doit être purgée tous les jours. / © France Télévisions

Le CH de Montargis, confronté à des problèmes d'eau potable qui compliquent le travail du personnel, veut sanctionner une soignante qui en avait témoigné. 

Par Yacha Hajzler

Cela fait deux mois que ça dure. Au Centre Hospitalier de Montargis, patients et surtout soignants sont mis en difficulté par des problèmes d'eau potable. Suite à une coupure d'eau, des prélèvements s'étaient révélés non-conformes au niveau bactériologique.

L'hôpital a donc pris des mesures, notamment concernant la toilette des patients les plus fragiles. Ils doivent être lavés uniquement grâce à l'eau des douches équipées de filtres, ce qui oblige les soignants à transporter des bassines de chambre en chambre. 
 

Une aide-soignante convoquée pour son témoignage


Le 16 décembre, dans un sujet diffusé au JT de France 3 Centre-Val de Loire, une aide-soignante du service cancérologie, Virginie Ferrer, témoignait de cette situation "compliquée". 
 

Deux jours plus tard, la direction de l'hôpital signait un courrier pour signifier à Virginie Ferrer sa convocation en vue d'une sanction. Le courrier, que nous avons pu consulter, précise bien que cette convocation est liée à son "intervention le 16 décembre 2019 sur France 3". Pourtant, ce n'est pas elle qui a révélé à France 3 l'information, venue des usagers. Son témoignage ne met pas non plus en cause la direction de l'hôpital. 

"Je ne m'attendais pas à être convoquée, s'étonne l'aide-soignante. Encore si j'avais eu des propos faux, ou déplacés, on aurait pu me sanctionner, mais là je ne vois pas ce que j'ai mal exprimé. On est soumis au secret médical, mais ça concerne nos patients. L'hôpital avait demandé à ce qu'on ne soit pas filmé dans nos services, j'ai respecté cela aussi. Ça fait 20 ans que je travaille à l'hôpital, et je n'ai jamais eu aucun souci. Je n’accepterais pas d’avoir un avertissement ou un blâme pour quelque chose de ce genre."
 

"On devrait plutôt les remercier !"


Si l'aide-soignante pense à un avertissement ou à un blâme, Karine Roger, responsable CGT assure que l'hôpital "veut une grosse sanction". Elle-même a participé au reportage, mais n'a pas été convoquée par la direction, qui doit respecter certaines règles s'appliquant aux responsables syndicaux.

"C'est la première fois qu'un agent est convoqué suite à une interview à la télévision, assure-t-elle. Elle a juste décrit ses conditions de travail, même si les fonctionnaires ont un droit de réserve. Elle n'a pas critiqué l'établissement, elle a simplement dit qu'elle n'en pouvait plus" abonde Karine Roger, qui défendra le dossier de Virginie Ferrer lors de son entretien, prévu le 9 janvier. "Vu les efforts que les agents font dans les services depuis plusieurs années, on devrait plutôt les remercier ! On n'a pas rajouté de personnel, pendant qu'ils font des aller-retour avec les cuvettes" conclut-elle. 
 
  • Sollicité pour l'exercice de son droit de réponse et averti du délai de publication, le centre hospitalier de Montargis n'a pas donné suite à nos sollicitations. 

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