Mur d'eau et tonne à lisier : comment les pompiers sont venus à bout de l'incendie de Bouzy-la-Forêt

Publié le
Écrit par Thomas Hermans et Benoît Bruère

Une centaine de sapeurs-pompiers du 45, épaulés par des collègues du 37 et du 41, ont maîtrisé un feu qui a ravagé 40 hectares de végétation ce jeudi 11 août dans le Loiret. Avec, comme objectifs principaux : la protection des habitations et de la forêt d'Orléans.

Le feu le plus important de l'été en région Centre-Val de Loire a éclaté vers 16h30 ce jeudi 11 août à Bouzy-la-Forêt, dans le Loiret. L'incendie a ravagé environ 40 hectares de végétation (principalement des arbustes en très grand nombre) avant d'être maîtrisé par les sapeurs-pompiers. 

Commandant des opérations de secours, le lieutenant-colonel Rodolphe Bidault raconte une après-midi de stratégie et de lutte acharnée.

France 3 Centre-Val de Loire : Lorsque vous avez été prévenus de la présence d'un départ de feu, quelles étaient vos priorités ?

Lieutenant-colonel Bidault : "Nous avons eu un premier appel à 16h30 pour un départ le long d'un chemin. Nous avons tout de suite travaillé sur la protection de six habitations menacées, en défense de point sensible. C'est là que nos premiers moyens ont été engagés. On a arrêté le feu à quelques mètres d'habitations, avec des camions citernes feu urbain*. On est satisfaits d'avoir mené à bien notre mission.

Il fallait empêcher le feu de se propager le temps qu'on monte en puissance. Il était en libre propagation avant qu'on ait assez de camions sur place, et nous avons réussi en faisant venir des camions du Loiret, de Loir-et-Cher et d'Indre-et-Loire pour se rendre maîtres du feu."

France 3 : Quelle a été la stratégie employée pour maîtriser le feu ?

Lieutenant-colonel Bidault : "Nous avons fait du traitement de lisière, c'est-à-dire noyer les lisières qui n'ont pas encore brûlé pour ralentir le feu, avec l'aide des collègues des autres départements et des agriculteurs**. Ensuite, on va chercher à l'intérieur de la parcelle sinistrée des fumerolles ou des braises, pour éviter que demain, avec un coup de vent, ça reparte.

Après les habitations, il fallait protéger une écurie et, derrière, la forêt d'Orléans qui est au nord. Il a fallu faire des bons choix tactiques pour arrêter le feu avant la forêt, et on a décidé de l'arrêter au niveau de la départementale 88. On a placé des camions sur ce qu'on appelle une ligne d'arrêt sur la départementale, et on a attendu le feu. Et le feu vient s'arrêter sur un mur d'eau."

Notes

* : Le dispositif de feu urbain est "spécialisé dans les feux d'habitation", explique le lieutenant Olivier Barbier. En gros, les sapeurs-pompiers se positionnent "à l'intérieur et attendent le feu".

** : Pour noyer les lisières, les agriculteurs sont appelés à l'aide par les pompiers. À l'instar d'Allan Fischer, ouvrier agricole qui habite à proximité de l'incendie de Bouzy. "J'ai appelé un ami qui m'a prêté un tracteur et une tonne à lisier", raconte-t-il. Une tonne qu'il peut remplir d'eau, ensuite déversée sur de la végétation qui n'a pas encore brûlé pour ralentir la progression de l'incendie.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité