La fermeture des restaurants devrait se prolonger au moins jusqu'au 15 janvier 2021

Selon plusieurs médias, Jean Castex devrait annoncer la prolongation de la fermeture des bars et restaurants pendant la période des fêtes de fin d'année. Contraints de continuer la vente à emporter, les propriétaires d'établissements orléanais sont perplexes face à cet avenir très incertain.

Contraints de continuer la vente à emporter, les restaurants essayent tant bien que mal de s'en sortir
Contraints de continuer la vente à emporter, les restaurants essayent tant bien que mal de s'en sortir © Romane Sabathier / France Télévisions
Ils s'y attendaient, mais l'information est difficile à entendre. Ce lundi 16 novembre, France Info et Le Point annonçaient que la fermeture des bars et des restaurants risquerait d'être prolongée au moins jusqu'à la mi-janvier, voire jusqu'au 1er février, d'après plusieurs sources proches du Ministère de l'économie.
A Orléans, les propriétaires d'établissements sont forcés de s'adapter et envisagent difficilement leur avenir. 

"Nos établissements sont les coupables idéals dans cette situation"

Les tables de restaurants, habituellement dressées le long de la rue de Bourgogne, ont laissé place aux pancartes de vente à emporter. C'est là que se trouve le Gavezzottirestaurant italien ouvert depuis le 29 avril dernier. Caroline Maignan, la gérante, a ouvert son établissement pendant le premier confinement : "C’était prévu que je fasse de la livraison donc j’ai pris le risque d’ouvrir en avril. Mais ce deuxième confinement est plus compliqué que le premier, car on a énormément d’offres par rapport à la demande" constate-t-elle.  Pour elle, le gouvernement n'est pas en phase avec la réalité : "Quand on voit que les cantines sont ouvertes dans les établissements professionnels ou publics et nous non, alors qu’ils sont bien plus nombreux, c’est très injuste pour nous. On marche sur la tête".

Dans une rue perpendiculaire, La Parenthèse continue de servir ses "fidèles clients". Grâce à l'un d'entre eux, l'établissement a même pu créer son propre site internet, lui permettant ainsi de continuer son activité. "Les clients commandent la veille pour le lendemain, et ça nous permet de gérer les stocks. On a réussi à rebondir, parce que la vente à emporter c'est tout nouveau pour nous" explique Marie-Laure Sterne, la co-gérante. Elle dit avoir la sensation de "faire de la résistance" pendant ce second confinement et ne se laisse pas abattre par la situation : "Je pense que nos établissements sont des coupables idéals dans cette crise, alors que les règles sanitaires étaient très respectées chez nous". Le restaurant a même été rempli de décoration de Noël, comme si les clients continuaient de venir y manger.

Non loin de là, Yannick Welh, le propriétaire de La Vénitienne, s'attendait, comme les autres, à ce que cette fermeture soit prolongée : "ça me semble normal. Si on veut éliminer cette maladie, il faut que les bars et restaurants ferment".  Pendant ce second confinement, il ne dégage aucun bénéfice, mais les ventes à emporter lui permettent d'avoir "un certain équilibre et de garder la tête hors de l'eau". Lui aussi appliquait les mesures sanitaires dans son restaurant : il a commandé lors de sa réouverture plusieurs plexiglass adéquats. 
 

Le restaurateur avait même prévu des plexiglass à disposer entre les clients d'une même table
Le restaurateur avait même prévu des plexiglass à disposer entre les clients d'une même table © Romane Sabathier / France Télévisions

"On s'est projeté dans un avenir positif et négatif"

" C’est très bien de rouvrir les commerces de proximité, maintenant il faut faire un pas vers les restaurants et les bars qui ne vont pas survivre éternellement" pense Nicolas Besnard, le co-gérant du restaurant Le Patio. Son établissement n'a plus de trésorerie depuis le premier confinement. Lui et son associé sont dans un "flou total" et ont déjà envisagé la fermeture définitive : "On s'est projetés dans un avenir positif et négatif". Les propriétaires sauront en fin de semaine s'ils sont éligibles à l'aide de 10 000 euros promise par l'Etat

Caroline Maignan, la gérante du Gavezzotti, a ouvert son établissement pendant le premier confinement et a très peu connu "une situation normale" dans son restaurant : "Je veux vivre cette situation où je vais pouvoir entasser les gens chez moi. Je ne lâcherai pas le morceau, puis j'ai la chance d'avoir constitué une bonne trésorerie", nous raconte-elle. Elle pense que seul un confinement de 5 mois supplémentaires pourrait lui faire mettre la clef sous la porte. 

Le propriétaire de la Vénitienne, Yannick Welh, reste quant à lui confiant sur l'avenir des restaurants : "Dès que ça va rouvrir, les gens vont retourner au restaurant, parce que ça leur manque trop".

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