Militaires de la DGSE soupçonnés de tentative de meurtre : un sixième suspect mis en examen dans le Loiret

Un militaire affecté au centre d'entraînement parachutiste de la DGSE de Cercottes, près d'Orléans, a été mis en examen le 4 septembre dans une enquête sur une tentative de meurtre pour laquelle cinq autres personnes sont déjà poursuivies.
Le centre d'entraînement de la DGSE de Cercottes, dans le Loiret, est hautement surveillé. Photo d'illustration
Le centre d'entraînement de la DGSE de Cercottes, dans le Loiret, est hautement surveillé. Photo d'illustration © PASCAL PROUST / MAXPPP
Selon une source judiciaire, une sixième personne a été mise en examen le vendredi 4 septembre pour "complicité de tentative de meurtre en bande organisée", "association de malfaiteurs en vue de commettre ce crime" et "en vue de commettre le délit d'acquisition ou détention d'armes ou de munitions", ainsi que pour "recel en bande organisée". Elle a été placée sous contrôle judiciaire.

Il s'agit selon une source proche de l'enquête d'un militaire affecté au centre parachutiste d'entraînement spécialisé de Cercottes, près de Saran dans l'agglomération orléanaise, qui dépend de la DGSE. D'après les informations du Monde ce 7 septembre, les deux principaux suspects sont également rattachés au centre d'entraînement loirétain. Deux autres personnes interpellées le 1er septembre en même temps que ce suspect ont été libérées sans poursuite.

Cinq suspects avaient déjà été mis en examen entre fin juillet et début août dans cette enquête. Quatre d'entre eux sont en détention provisoire.
 

Un projet d'assassinat contre une figure du "coaching"

L'affaire avait démarré le 24 juillet par l'interpellation à Créteil (Val-de-Marne) de deux hommes, âgés de 28 et 25 ans, affectés au centre parachutiste de Saran. Signalés par un riverain, ils étaient alors à bord d'un véhicule volé et en possession de plusieurs armes, dont un revolver et plusieurs couteaux de dotation de l'armée. Leur cible présumée est une femme de 54 ans, figure du monde de l'accompagnement personnalisé.

Ils "semblaient s'apprêter à mettre à exécution un projet criminel au préjudice d'une femme âgée de 54 ans", avait indiqué le parquet le 5 août dans un communiqué. Un troisième suspect, exerçant dans le domaine de la sécurité privée, avait été interpellé deux jours plus tard puis à son tour écroué. Deux hommes avaient à leur tour été arrêtés une semaine plus tard.
 

De nouvelles auditions cette semaine

Selon les auditions auxquelles ont eu accès nos confrères du Monde, les suspects ont jusqu'à maintenant affirmé avoir fomenté leur projet pour le compte de la DGSE, ce que nie l'institution. Après avoir déjà effectué plusieurs audition, la juge d'instruction Aline Batoz doit entendre ce 8 septembre ce professionnel de sécurité privée ainsi que l'un des deux principaux suspects le 11 septembre.

Le centre de Cercottes auquel les militaires sont rattachés est l'un des trois en France du service action de la DGSE, en charge des opérations clandestines rendues célèbres par la série à succès "Le Bureau des légendes". Les autres centres sont basés à Quelerm, près de Brest, et à Espira-de-l'Agly (Pyrénées-Orientales).

En septembre 2018, deux anciens membres de ce service action avaient été dans le collimateur de la justice dans le cadre d'une enquête sur un projet d'assassinat d'un opposant congolais, le général Ferdinand Mbaou, réfugié en France en 1997.

Ces deux ex-agents avaient alors été mis en mis examen à Lyon pour "association de malfaiteurs" et "détention d'explosifs". Mais, en mars 2019, le corps de l'un d'entre eux avait été retrouvé, criblé de balles, sur un parking en Savoie.
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