Polémique Tag homophobe sur l'aérotrain : le maire de Chevilly dans le Loiret répond

© Capture écran du Facebook l'association Stop Homophobie
© Capture écran du Facebook l'association Stop Homophobie

Parce qu'elle n'en peut plus de voir « les tags homophobes » visibles sur l'aérotrain sur son trajet quotidien, Stéphanie, une mère de famille lesbienne a interpellé Emmanuel Macron et le maire de la commune concernée. Bertrand Texier, maire de Chevilly réagit.

Par Fabienne Marcel

Sur les réseaux sociaux, le coup de gueule n'est pas passé inaperçu.


Sur la page Facebook de l'association Stop homophobie d'abord, et puis sur la page Facebook de France 3 Centre-Val de Loire.

« Nos enfants sont équilibrés. Tout se passe très bien à l'école. Avec ma compagne, nous formons une famille unie, » explique Stéphanie.
« Mais voilà, cela fait 4 ans et demi que nous passons devant cet aérotrain via l'Autoroute A19 et que nous voyons "un enfant = un papa et une maman". Nous n'habitons pas en Centre-Val de Loire, mais nous nous rendons dans le Loiret pour rendre visite à des proches. Cela faisait un moment que nous n'avions pas circulé sur l'A19.
L'année 2018 a commencé et nous sommes retournés dans le Loiret. Et là en voyant à nouveau ces tags, je n'ai pas supporté et j'ai écrit au président de la République et au maire de la commune de Chevilly où se trouvent les tags. Nos enfants grandissent, ils commencent à distinguer les mots. Des mots qui font mal. Des tags homophobes et l'homophobie est un délit interdit par la loi ! »  s'emporte la mère de famille. 
"Car « non à la GPA et non à la PMA avec l'accolade un enfant = un papa et une maman », c'est de l'homophobie. Cela veut dire qu'on ne veut pas reconnaître les autres formes de familles. » 


Quand on lui répond que malheureusement des tags homophobes il y en a partout, Stéphanie ne se démonte pas.  « Non je n'en croise pas de tags homophobes, pas de cette taille, avec cette visibilité ».  « Il m'est insupportable que mes enfants puissent voir ce genre de chose en 2018 » .
Stéphanie a donc écrit au chef de l'Etat, elle a également interpellé le maire de Chevilly. Pour l'heure, Stéphanie déclare n'avoir eu aucune réponse de la part des politiques. En revanche, elle dit avoir reçu de nombreux messages de soutiens. Elle a pu constater qu'elle n'était pas la seule à s'être mobilisée pour faire effacer les tags, depuis longtemps et rien n'a été fait. Stéphanie ne comprend pas. Elle n'est pas la seule. Des personnes ont également entrepris d'écrire au maire de Chevilly.


Bertrand Texier, maire de Chevilly répond à la polémique  


Le maire de Chevilly, petite commune située au Nord d'Orléans n'a pas été surpris de notre appel téléphonique mais il est bien embêté par la polémique. 

L'aérotrain appartient à l'Etat, ce n'est pas à la commune de s'occuper du nettoyage du monument historique. J'ai alerté la DDT (La Direction Départementale des Territoires). Ils m'ont répondu qu'ils n'avaient pas le budget pour nettoyer,

nous déclare le maire. « Il faut savoir qu'il y a des tags tout le long de l'aérotrain, pas seulement sur la commune de Chevilly. Et dès que la DTT effacent les tags, des gens réécrivent sur les murs ».

Il y a quelques années, il y avait un tag sur l'ancienne ministre de la justice, Christiane Taubira, le sénateur Jean-Pierre Sueur l'a fait effacer par la DDT.
   

Réponse de la Préfecture de la région Centre-Val de Loire et du Loiret


« La Préfecture regrette que l’infrastructure de l'aérotrain serve régulièrement et en plusieurs endroits de son linéaire de support à des tags, surtout si ces derniers peuvent offenser certaines personnes. Ils n’ont cependant aucun caractère violent, ni personnel.
Il n'est pas dans les moyens de la DDT d'intervenir compte-tenu du coût et de la complexité de ce type d'intervention dont la pérennité, au demeurant, n'est évidemment pas garantie.
Des réflexions sont en cours sur la valorisation de cette infrastructure et les perspectives de lui redonner une utilité permettraient de limiter les incivilités conduisant à sa dégradation
 ».

Pour mémoire la DDT a fait effacer en 2015, et à titre exceptionnel, des « tags » nominatifs (Taubira, Hollande) pour un montant de 23K€ environ.
 

 

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