Réchauffement climatique : Loiret, planter des graines locales aide à la conservation des espèces

Luc Vancrayelynghe récolte des baies d'églantiers qui pourront fournir des graines / © Arnaud Moreau
Luc Vancrayelynghe récolte des baies d'églantiers qui pourront fournir des graines / © Arnaud Moreau

Un paysagiste du Loiret essaie de développer une filière de collecte de graines locales. Celles-ci, une fois plantées, favorisent la biodiversité et assurent une meilleure qualité des végétaux produits.

Par Arnaud Moreau

Luc Vancrayelynghe arpente les allées du domaine de la Canaudière à Ormes près d’Orléans. Son regard s’arrête sur toutes les essences d’arbres qu’il commente de façon intarissable. « Regardez, ici c’est un églantier avec ces baies rouges si caractéristiques. Chacune d’entre elles peux contenir jusqu’à cinq graines »

Ce Paysagiste repère les endroits où il peut collecter les graines des différentes essences. Il a en effet un but : proposer aux pépiniéristes de la région des alternatives à l’importation.
 
Les graines de cornouiller sont plutôt récoltées à l'automne / © Arnaud Moreau
Les graines de cornouiller sont plutôt récoltées à l'automne / © Arnaud Moreau

Les espèces importées peuvent être fragilisées ou vectrices de maladies


Le rôle des graines est souvent négligé, à tort.« C’est préférable de planter des graines venant de la région. En effet, les graines importées donnent naissances à des arbres qui peuvent être fragilisés ou vecteurs de maladies. Il y a parfois des décalages dans les feuillaisons qui peuvent être irrémédiables. Une graine venant du sud de l'Europe donnera un arbre qui peut avoir une feuillaison trop précoce »
Mais ce grand projet de collecte nécessite plusieurs étapes. Une fois passée la prospection et la collecte, le travail continue. Il faut parfois nettoyer, sécher ou faire germer certaines graines selon les essences.

A l'image de l'agriculture, les saisons doivent être respectées pour les collecteurs de graines. En avril, c’est l’orme champêtre qui ouvre le bal des récoltes. Le calendrier se termine par le houx et le genévrier en novembre.
Pour que le projet soit viable, il faut récolter une quantité suffisante de ces graines afin de les revendre. Pour certaines essences comme le poirier sauvage, cela peut être compliqué. "D’où l’importance de la prospection, conclut Luc. En janvier prochain, les demandes précises des pépiniéristes nous aiguilleront sur les types de graines à collecter."
 

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