Richard Ramos, député de Loiret, lance la bataille contre le sel nitrité dans la charcuterie

Le député du Loiret Richard Ramos s’apprête à lancer le combat contre le sel nitrité ajouté à la charcuterie. Ce mardi 3 mars, la mission d'enquête parlementaire pour évaluer la dangerosité de cet additif est officiellement lancée à l’Assemblée nationale.
 
Le député du Loiret, Richard Ramos, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, en janvier 2019.
Le député du Loiret, Richard Ramos, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, en janvier 2019. © Thomas Samson / AFP
"Je n’ai rien contre la cochonnaille mais je ne veux pas faire manger de cochonneries aux Français !", s’agace Richard Ramos. Le député MoDem de la sixième circonscription du Loiret est en guerre contre l'ajout de sels nitrités dans la charcuterie. Ce mardi 3 mars, il lance officiellement une mission d’information parlementaire sur la question aux côtés des députées Barbara Bessot-Ballot et Michèle Crouzet.

L’objectif ? "Savoir si le sel nitrité tue les Français", explique Richard Ramos. "Scientifiques, industriels, grande distribution, mais aussi petits charcutiers et consommateurs seront auditionnés."
   

La consommation de charcuterie, responsable de milliers de cancers


Les nitrites, ce sont ces additifs qui donnent sa couleur rose au jambon. Ils sont soupçonnés d’être responsables de milliers de cancers liés à la consommation de charcuterie. La charcuterie est d’ailleurs classée cancérigène classe 1 par l’Organisation mondiale de la santé depuis 2015. En France, entre 3 000 et 4 000 cas de cancer colorectal seraient notamment attribués à la charcuterie, chaque année, selon le généticien et président de la Ligue contre le cancer, Axel Kahn.

Le centre international de recherche contre le cancer de l’OMS recommande de ne pas manger plus de 150 grammes de charcuterie par semaine. Une consommation de 50 grammes de charcuterie par jour augmente de 16 % le risque d'être atteint par un cancer colorectal. "Malheureusement, on sait que ce sont les plus humbles et les plus pauvres qui se situent au-dessus de ces seuils", regrette Richard Ramos. "Il est important que chaque Français puisse manger sans risque pour sa santé".


Un combat contre la malbouffe


Si certains industriels, comme Herta, Jambon de Parme, d'Aoste ou Fleury Michon ont déjà sauté le pas et abandonné cet additif, d’autres sont plus réticents. Leur justification ? "Certains fabricants disent que si on enlève le sel nitrité, le botulisme va revenir en France… c’est entièrement faux !"

Richard Ramos, ex-critique gastronomique, a fait du combat contre la malbouffe l’une de ses marques de fabriques. "Partout où il y a un mètre carré sur le « bien-manger français », je serai présent". Et pour cause. En mars 2019, le parlementaire a distribué des camemberts à son effigie dans les casiers de tous ses collègues à l'Assemblée nationale, pour protester contre la nouvelle Appellation d'origine contrôlée (AOP) du camembert de Normandie. Par ailleurs, l’amendement qu’il a déposé l’année dernière visant à rendre obligatoire l'indication du pays d'origine pour les mélanges de miel, avait été adopté par les députés.

Déterminé, Richard Ramos espère cette fois faire interdire le sel nitrité dans la charcuterie... Réponse au printemps 2020.
 
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