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Cher : à l'abattoir de Blancafort, un nouveau constat d'infraction mené par L214 sur le transport des dindes

L214 en visite à Blancafort le 2 mars 2021. / © France Télévisions
L214 en visite à Blancafort le 2 mars 2021. / © France Télévisions

Un député, trois eurodéputés et un huissier ont accompagné ce mercredi 13 octobre L214 sur le site de l'abattoir de Blancafort dans le Cher, rendu tristement célèbre par une vidéo publiée en décembre 2020 par l'association de défense animale.

Par Romane Sabathier

"Troisième venue à Blancafort". Les premiers mots d'Olivier Morice, le chargé d'affaires publiques de L214, donnent le ton. Ce mercredi 13 octobre, il est revenu dans l'abattoir du géant européen LDC (Maître Coq, Le Gaulois …) du Cher pour constater le non-respect des lois européennes concernant le transport des dindes.

Il était accompagné d'un huissier de justice, du député Bastien Lachaud (LFI) de la 6ème circonscription de Seine-Saint-Denis et de trois eurodéputés : Claude Gruffat (Groupe des Verts/Alliance Libre européenne), Manuel Bompard (LFI) et Caroline Roose (Groupe des Verts/Alliance Libre européenne). Ces deux derniers étaient présents en mars dernier lors d'une précédente constatation d'infraction.

Arrivés sur place à 5h du matin, les visteurs surprise n'ont "pas vu de camions, ils nous ont peut-être vu arriver". Ce qui ne les a pas empêchés de constater "la présence dans la cour d'une bétaillère pas aux normes", affirme Olivier Morice. L'association a, dans la foulée, fait un signalement auprès de la préfecture, qui leur aurait adressé une fin de non-recevoir.

"Il y a une complicité des autorités"

Avec cette nouvelle action, l'association veut "dénoncer une complicité des autorités françaises dans la violation de la réglementation européenne". Il est en effet stipulé dans la directive du conseil du 19 novembre 1991 relative à la protection des animaux en cours de transport que "les animaux doivent disposer de suffisamment d'espace pour rester debout dans leur position naturelle et, le cas échéant, de barrières les protégeant contre les mouvements du moyen de transports". 

A ce sujet, l'eurodéputé Manuel Bompard avait interpellé le 16 juillet dernier, soit après deux passages à Blancafort, la directrice générale adjointe de l'alimentation du ministère de l'agriculture, Elisabeth Soubeyran. Cette dernière assurait, spécifiquement sur le cas de l'abattoir du Cher, qu'il "est actuellement sous mise en demeure jusqu'au 30 septembre, donc l'ensemble des points qui ont été constatés lors des dernières inspections doivent rentre dans l'ordre et nous nous en assurerons". Autrement dit, la direction avait jusqu'au 30 septembre pour rectifier le tir, qui concernait aussi les conditions de transports … 

Il faut qu'on arrête de fermer les yeux. On a vu les mêmes infractions partout. On connait la complicité et le laxisme des autorités françaises. Il faudra qu'elles expliquent pourquoi malgré leur engagement ferme devant le Parlement, rien n'a été fait.

Olivier Morice, chargé d'affaires publiques de L214

contacté par téléphone

L214 contre l'abattoir de Blancafort, un an de combat

Depuis plusieurs années, L214 sensibilise à coup de vidéos chocs sur les conditions dans lesquelles sont abattus les animaux en France. Il y a un an, elle s'attaquait pour la première fois à l'entreprise berrichonne, toujours en diffusant des images chocs. L'association pointait déjà du doigt la taille des caisses de transports : la tête des dindes tétanisées et souvent mal en point touche le plafond, empêchant toute ventilation et nombreuses sont les volailles à ne pas y survivre. Une plainte avait par la suite été déposée pour "mauvais traitement envers les animaux commis par des professionnels".

La préfecture du Cher affirmait alors que l'abattoir avait déjà été mis en demeure pour non-conformité concernant le transport des animaux. Elle avait donné 48 heures à l'exploitant pour corriger ces manquements. 48 heures que l'entreprise avait "mises à profit pour […] se conformer à la réglementation dans le domaine de la protection animale" selon cette même institution, sans toutefois en préciser les délais d'application. L214 est venue vérifier cette information le 2 mars dernier : elle s'est finalement avérée fausse puisque la taille des cages n'avaient pas été modifiées.

Aujourd'hui, L214 se bat pour faire respecter la législation européenne dans cet abattoir. A plus long terme, elle se bat "pour que plus aucun animal ne soit abattu pour la consommation humaine et pour que les pires pratiques soient éliminés".

 

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