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Réforme des retraites : la CPME favorable à un départ à la retraite à 63 ans

Archives - Débat sur la réforme des retraites - 29 mars 2019 - Université d'Orléans (Loiret). en présence de Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire en charge de la réforme / © France 3 CVDL
Archives - Débat sur la réforme des retraites - 29 mars 2019 - Université d'Orléans (Loiret). en présence de Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire en charge de la réforme / © France 3 CVDL

Le chartrain Eric Chevée vice-président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises en charge des affaires sociales, a pris part au dialogue social sur la réforme des retraite. Il nous explique les enjeux de la réforme dont le projet de loi est prévu à la rentrée. 

Par Ch.L


F3 CVDL : Pourquoi réformer le système des retraites alors que de l’avis général, y compris celui du gouvernement, les comptes sont quasi à l’équilibre ?

Eric Chevée** : Les 42 caisses de retraites reflètent des inégalités de traitement qui ont entamé la confiance entre les générations. Le système universel à points sur lequel nous avons été invités à réfléchir sera plus égalitaire (NDLR : un salaire équivaudra désormais à des points).  Pour réformer, il faut le faire à froid. Nous sommes dans une période de stabilité financière des caisses de retraites. Le moment était propice.


F3 CVDL : Pourquoi la CPME se dit-elle favorable à un départ à la retraite à 63 ans ?

Eric Chevée :  Actuellement, certains salariés renoncent à percevoir une partie de leur retraite complémentaire (touchée à 100% à partir de 63 ans). En maintenant l’ouverture des droits à 62 ans, nous craignons que le nombre de retraités pauvres n’augmente. Avec tous les problèmes sociaux qui en résultent et leurs coûts pour la société. C’est un marché de dupes. Nous proposons de passer tout de suite l’âge de départ à 63 ans.


F3 CVDL : Quid de la pénibilité au travail ?

Eric Chevée : La santé au travail est un enjeu pour les entreprises. Il est plus pénible à un carreleur de travailler plus longtemps, c’est évident. Nous devons prendre en compte ces professions à risques et continuer à travailler sur les carrières en proposant notamment des aménagements du temps de travail. Pour les autres catégories de salariés, il est avéré que la fatigue liée au travail (démotivation, fatigue physique) s’installe en général à partir de 64-65 ans. C’est sur ce constat que le Canada qui avait instauré l’âge de départ à 67 ans l’a repositionné à 65 ans.  


F3 CVDL : Le système universel à points propose de corriger les inégalités notamment en faveur des femmes. Est-ce une bonne chose ? 

Eric Chevée : Le système universel prévoit d’accorder des points supplémentaires aux femmes durant leur maternité ou aux aidants familiaux. Cette mesure qui a fait consensus, nous estimons à la CPME qu’elle doit être supportée par l’Etat via les Caisses d’allocations familiales. Le système des retraites n’a pas à compenser tous les aléas de la vie.


F3 CVDL : La gouvernance actuelle du système de retraite par répartition implique les partenaires sociaux et des représentants de l’Etat. La réforme prévoit une gouvernance parlementaire. Le Haut-commissaire chargé de la réforme, Jean-Paul Delevoye y est lui-même réfractaire. Quelle est votre position ?

Eric Chevée : Soumis à une gestion parlementaire, le système des retraites encourt le risque d’être déstabilisé par des politiques opportunistes, comme ce pourrait être le cas avec un gouvernement populiste tenté par l’augmentation des retraites sans s’assurer de l’équilibre financier. C’est risqué. Cette question cruciale de la gouvernance a été l’une des préoccupations majeures des discussions sur la réforme. Un droit de véto des partenaires sociaux devant les deux Assemblées nous semble être le minimum. Ce serait sans précédent.


Le calendrier

Le Haut-commissaire chargé de la réforme, Jean-Paul Delevoye, doit remettre un pré-rapport sur le système universel au gouvernement d’ici fin juin. Matignon doit rendre ses conclusions dans le courant de l’été avant de présenter le projet de loi à l’Assemblée nationale à la rentrée.

Lire aussi sur France Info : La réforme des retraites : le flou demeure malgré la fin des concertations.

L’inconnue du montant des pensions  

Ce qu'on ignore, c'est l’essentiel. Quel sera le niveau des pensions dans ce nouveau système ? Quel taux de remplacement  par rapport au dernier salaire ?  Ce qui renvoie à d'autres questions : pendant la vie active, sur quel niveau de cotisation seront accumulés les futurs points ? Au moment de prendre sa retraite : quelle sera la règle de calcul pour convertir ses points en pension de retraite. Cette règle de calcul sera-t-elle modifiée, au fil du temps, en fonction de l’espérance de vie des français ? C’est le cas en Suède par exemple où il existe déjà un système de retraite par points.  

Il ne s'agit pas là de questions purement techniques mais bien au contraire du cœur de la réforme : que va modifier ce système par rapport à celui qui existe ? Or pour l'instant, ce projet de réforme reste extraordinairement elliptique. Alors certes, les derniers arbitrages n'ont pas encore été rendus ; ce sera au gouvernement de le faire.  (France Info - 11 mai 2019)  
 
Débat sur la réforme des retraites -Orléans (mars 2019)
Le système universel des retraites, c'était l'une des promesses du candidat Macron.  Pourquoi réformer? Comment réformer ? Ces questions étaient au coeur d'un débat à Orléans (Loiret) le 29 mars 2019 à - France 3 Centre-Val de Loire

** Eric Chevée est l’actuel président du Ceser (Conseil Économique, Social et Environnemental Régional - Centre-Val de Loire). Il vit à Chartres en Eure-et-Loir où il dirige une petite entreprise d’équipement de la maison.

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