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La commission d'enquête parlementaire révèle des informations inquiétantes sur les attentats déjoués dans la région

Le Bataclan, le 13 décembre 2015 à Paris / © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
Le Bataclan, le 13 décembre 2015 à Paris / © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Pour la première fois, le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015 fournit le détail d'une dizaine d'attentats déjoués en France en un an. Centre commercial parisien, centrale nucléaire, base militaire...le rapport permet d'en savoir plus sur les tentatives avortées

Par E.Cadier/AFP

Le rapport de la commission parlementaire sur les attentats

Après cinq mois de travail, la commission d’enquête parlementaire «relative aux moyens mis en oeuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015» a adopté mardi dernier, à l'unanimité, ses principales conclusions et 39 préconisations. Dans ce rapport, les députés-enquêteurs (dont trois députés de la région Serge Grouard (Loiret), Marianne Dubois (Loiret) et Olivier Marleix (Eure-et-Loir) tous LR) ont proposé la création d'une "agence nationale de lutte contre le terrorisme". 

Des détails sur les attentats déjoués

Les 15 et 16 décembre dernier, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) arrêtait Rodrigue D. et Karim K., deux terroristes en puissance qui «projetaient de s'attaquer à des militaires et des policiers orléanais». Le rapport dévoile que «tout en minimisant son implication dans ce projet», Karim K. a «reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s'attaquer à une centrale nucléaire». Avant de préciser que «les deux mis en cause ont confirmé le rôle d'Anthony D., djihadiste français de l'EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier».

Au même moment, la DGSI appréhendait, à Tours, Issa Khassiev, un Russe d'origine tchétchène «susceptible d'avoir rejoint la Syrie en 2013» et qui envisageait de «réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr». 

Jeudi, le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, Sébastien Pietrasanta, a "regretté" jeudi le "jugement définitif" du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui a accueilli avec réserve les recommandations des députés. Interrogé mercredi à l'Assemblée par M. Pietrasanta, Bernard Cazeneuve avait notamment estimé que la proposition de créer une agence nationale du renseignement ne ferait que "transformer le millefeuille que vous regrettez en plum pudding". 

"Je regrette de la part d'un excellent ministre de l'Intérieur ce jugement définitif sur les conclusions de notre commission d'enquête qui a travaillé avec sérieux et conviction", écrit jeudi M. Pietrasanta dans un billet posté sur son blog. Le député (PS) des Hauts-de-Seine rappelle notamment qu'après les attentats du 11 septembre, les autorités américaines, fortes du constat que la CIA et le FBI n'avaient pas suffisamment échangé leurs informations, avaient "créé le National Counterterrorism Center afin de centraliser les informations détenues par les différentes agences", s'inspirant des services britanniques du MI-5. "Je suis convaincu que le ministre de l'Intérieur ne considère pas le National Counterterrorism Center et le MI-5 comme du pudding", poursuit-il. "Notre commission d'enquête s'est beaucoup inspirée de ce qui a été admirablement mis en place à l'été 2015 par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure, ndlr), la cellule Allat", qui "réunit au quotidien les six services de la communauté du renseignement ainsi que le SCRT (service central du renseignement territorial) et la DRPP (la direction du renseignement de la préfecture de police)", ajoute-t-il, en interrogeant: "Pourquoi cette cellule informelle ne pourrait pas être institutionnalisée au sein de cette agence ? Nous n'avons pas voulu faire du pudding mais rationaliser et proposer une approche différente", insiste-t-il.

Sébastien Pietrasanta se défend également de tout "débat sémantique" sur la création d'un poste de directeur national du renseignement.
Au ministre qui a rappelé qu'il existe déjà un coordinateur national du renseignement, il affirme que ce dernier "a avant tout pour rôle de conseiller le Président de la République en matière de renseignement plus que de coordonner l'ensemble des services" et réclamé de lui "donner les moyens de coordonner".
Le président de la commission d'enquête parlementaire Georges Fenech (LR) avait lui exprimé mercredi sa "plus vive consternation" après la réaction du ministre, déplorant une "morgue" et une "suffisance sans égale" à l'égard des 40 propositions du rapport.

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