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Rapport financier de la LFP : la Ligue 2 dans le rouge

Les comptes des clubs de foot passent au vert en France: Bonne nouvelle ? Oui, mais il ne faut pas s'enflammer car cette embellie repose sur la vente de joueurs. Dans la région, on s'intéresse au Tours Football Club.
Huit ans que les clubs français attendaient de quitter la zone rouge ! C'est fait désormais avec un résultat net de trois millions d'euros pour 2015/2016, selon les chiffres dévoilés jeudi par la DNCG, le gendarme financier du football français.

Le directeur général de la Ligue (LFP) Didier Quillot n'a donc pas manqué de souligner une "dynamique positive": "C'est la première fois dans l'histoire du football professionnel que le chiffre d'affaires dépasse deux milliards d'euros, c'est une très bonne chose".

Dans la région:
Cette amélioration intervient d'ailleurs avant l'entrée en vigueur des droits TV pour la période 2016-2020 qui vont apporter de nouvelles sources de revenus aux clubs.

Dans le détail, la situation est toutefois plus contrastée. Le retour à l'équilibre s'explique d'abord par la vente de joueurs, à l'étranger notamment, avec des plus-values record de 429 millions d'euros la saison passée (+94%).

'Drogués aux transferts'

"Cette hausse contribue fortement à l'augmentation des résultats", note ainsi Henri Tcheng, le président de la DNCG.

Les résultats d'exploitation hors transferts sont à l'inverse largement déficitaires (-387 millions). "Les clubs ne peuvent équilibrer leurs résultats que grâce à la cession de joueurs (...) Ils sont un peu drogués au marché des transferts", relève-t-il.

La Ligue 1 risque-t-elle de se transformer en un simple pourvoyeur de joueurs pour les championnats européens les plus cotés? "Un chiffre d'affaires supérieur à deux milliards d'euros, ce n'est pas la deuxième division européenne", rétorque Didier Quillot.

La vente de joueurs, "ça fait partie du modèle économique de nos clubs. On est certainement le meilleur pays en matière de formation", insiste le dirigeant. Mais "il faut travailler sur les autres sources de revenus, les droits TV, les droits à l'international, la billetterie, le sponsoring et aussi sur les charges".

La L2 dans le rouge

L'autre inquiétude est le contraste entre les clubs de Ligue 1 globalement bénéficiaires (21 millions d'euros) et ceux de Ligue 2, dans le rouge (-18 millions d'euros).

Un tiers des clubs de deuxième division connaissent des pertes significatives, supérieures à un million d'euros, avec des difficultés à assumer les charges fixes. En Ligue 2, il y a deux chantiers prioritaires, selon Didier Quillot. "Le premier c'est celui de la billetterie. Le taux de remplissage des stades est insuffisant". Le deuxième, c'est "la mutualisation de certains coûts dans les domaines non sportifs, comme le digital ou la mutualisation des achats".

Pour l'ensemble des clubs français, la Ligue compte sur les droits TV et l'exploitation des nouveaux stades pour redresser les résultats d'exploitation. Elle mise aussi sur la loi Braillard sur la compétitivité du sport votée mi-février, un texte qui devrait permettre aux clubs de payer moins de charges sur la rémunération des joueurs.
Les chiffres du football en Centre-Val de Loire
Dans la région, le Tours Football Club (Ligue 2) pointait en 2015-2016 à la neuvième place du classement.

Il a touché 4,6% des droits télévisés, soit un montant de 4.792.000 euros. A titre de comparaison, Lens, 1er du classement, a engrangé 7,6% des droits.

Autre élément important pour les recettes des clubs, la billetterie. Tours a empoché 726.000 euros, soit 2,4% du total des recettes billetterie des clubs. Lens, par exemple, a touché 3 millions et demi d'euros, soit 19,6% des recettes générées.

A noter que les recettes billetterie ont augmenté de 22% en 2015-2016. Il y a eu plus de spectateurs dans les stades.
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