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Procès d'Andy : les experts psychiatres partagés sur la responsabilité de l'accusé

05/12/13 - Tuerie familiale en Corse : nouveau procès à huis clos pour Andy / © FTViaStella
05/12/13 - Tuerie familiale en Corse : nouveau procès à huis clos pour Andy / © FTViaStella

La cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône juge en appel à huis clos le jeune Andy, accusé du meurtre de toute sa famille en Corse en 2009. Le verdict est attendu pour vendredi.

Par Jean Crozier avec AFP

Le procès en appel d'Andy, qui, à 16 ans, a tué toute sa famille en Corse et a été jugé irresponsable en première instance, a viré mardi à la bataille d'experts, cinq médecins psychiatres aux avis divergents se succédant à la barre.

L'état mental du jeune homme constitue la clef du futur verdict de la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône qui le juge en appel, le déroulement des faits, que l'accusé a reconnus, ne laissant en revanche que peu de place au doute.

En première instance, la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud l'avait jugé, en novembre 2012, "irresponsable pour un trouble mental ayant aboli
le discernement au moment des actes", malgré les 18 ans de prison requis par l'avocat général.


Débats à huis clos

Dans un remake de ce premier procès, les experts ont exposé à Aix, où les débats se tiennent de nouveau à huis clos, des conclusions pour certaines radicalement opposées quant à sa responsabilité.

"Tout le monde campe sur ses positions, rien n'a bougé par rapport au premier procès", a constaté l'une des parties civiles.

Les docteurs Jean-Claude Chanseau et Yves Tyrode, qui avaient rendu une expertise concluant à l'abolition du discernement, ont ouvert le bal des experts lundi.

Lors d'une suspension d'audience, le Dr Chanseau a de nouveau pointé les "troubles de la personnalité" d'Andy ainsi qu'une "tumeur temporale", dont les examens ont confirmé la présence, pour expliquer le comportement de l'adolescent.

"L'acte n'est pas un automatisme, mais une "parasomnie", un effet de cette tumeur au moment du sommeil paradoxal (...) Il a bien commis l'acte, mais il n'était pas le sujet", a-t-il expliqué à France 3 Corse.

Selon les avocats, la cour a pressé de questions les deux experts afin d'obtenir des explications détaillées.


Syndrôme de dépersonnalisation

Mardi matin, le Docteur Marie-Elisabeth Meyer-Buisan a pris une position différente, celle de l'altération du discernement, Andy présentant selon elle des "troubles de la personnalité", mais n'étant pas "malade mental" et étant ainsi "accessible à une sanction pénale".
Elle a également jugé que sa place n'était pas en unité pour malades difficiles (UMD), mais qu'il devrait plutôt être soigné en ambulatoire.

Le jeune homme, 20 ans aujourd'hui, est actuellement hospitalisé en UMD à l'hôpital de Montfavet à Avignon, où il poursuit des études de biologie, pratique du sport et bénéficie de permissions de sortie régulières.

Puis c'était le tour du Dr Michel Gayda qui a, pour sa part, évoqué un "syndrôme de dépersonnalisation" et considéré que Andy "était dans un état ne permettant pas d'être responsable de ce qu'on lui reproche".

Selon lui, l'accusé a "décompensé", connaissant "une phase très proche du rêve pendant environ 36 heures", une période qui recouvre les faits ainsi que "l'errance" qui a suivi.

Après avoir, dans la nuit du 11 au 12 août 2009, tué dans leurs chambres son père et sa mère, puis ses deux frères jumeaux âgés de 10 ans avec un fusil à pompe et pris quelques objets de valeur, il avait erré pendant une journée dans le maquis avant d'être retrouvé pieds nus et en short par un oncle.


Verdict attendu vendredi

Dernier psychiatre à donner son avis mardi, le Dr Christian Jullier qui, dans une expertise complémentaire demandée par le président de la cour Jacques Calmettes, avait de nouveau conclu à sa responsabilité pleine et entière.

"L'infraction qui lui est reprochée n'est ainsi pas en relation avec des anomalies mentales patentes" et de ce fait, "le sujet est accessible à une sanction pénale", écrivait-il dans ses conclusions.

Les jurés devront composer avec ces avis contradictoires, ainsi que ceux d'un neurologue et d'un psychologue, pour rendre leur verdict, attendu vendredi.

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Procès Andy : les psychiatres partagés
Marie-Elizabeth Buissan Expert psychiatre Michel Gayda Expert psychiatre Christian Jullier Expert psychiatre Reportage : Marie Francoise Stefani, Franck Rombaldi.


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Procés d'Andy : les experts à la barre
Jean-Claude Chonseau Expert psychiatre Compte rendu d'audience par Marie-Françoise Stefani et Franck Rombaldi

Le 11 décembre, au cinquième jour d'audience, la Cour d'Assises d'Aix en Provence a auditionné des adolescentes.
Des amies auxquelles le jeune homme s'était confié juste après les faits en août 2009.
Sa famille, partie civile dans le dossier, lui a également demandé pourquoi.
Andy n'a pas pu expliqué son geste.
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Le témoignage des amies d'Andy
Myriane Floriani Tante d'Andy Reportage: Marie Françoise Stefani et Franck Rombaldi

 

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