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SNCM: une “société d'économie mixte” évoquée comme solution d'avenir

Paul Giacobbi, Paris, le 22 janvier 2014 / © FTViastella
Paul Giacobbi, Paris, le 22 janvier 2014 / © FTViastella

L'idée d'une "société d'économie mixte" a été évoquée pour tenter de relancer la SNCM, compagnie maritime en péril, au cours d'une réunion mercredi 22 janvier entre des élus locaux et le ministre des Transports, quelques heures avant un Conseil de surveillance prévu à Marseille.

Par Jean Crozier avec AFP

"J'ai proposé de discuter d'une société d'économie mixte (SEM) ou une société publique locale qui pourrait louer les navires à la SNCM", a déclaré le président du conseil exécutif de Corse Paul Giacobbi, à la sortie de cette rencontre d'une heure au ministère de Frédéric Cuvillier.

Lors de cet entretien, plusieurs élus ont réitéré leur volonté de s'engager auprès de la SNCM, mais dans la mesure où "la loi interdit à une collectivité territoriale d'être actionnaire d'une société privée", "ces solutions ne sont ni légales ni possibles, donc il faudra bien discuter d'une SEM", a ajouté M. Giacobbi.

Une société d'économie mixte (SEM) est une société anonyme dont la majeure partie du capital, plafonnée à 85%, est détenu par des personnes publiques, comme par exemple l'Etat ou une collectivité territoriale.

"J'ai indiqué que la Ville souhaite vivement rentrer au conseil de surveillance de la SNCM afin de participer et peser sur l'orientation politique de l'entreprise", a dit le maire (UMP) Jean-Claude Gaudin, appelant à une évolution de l'actionnariat, "quitte à ce qu'un actionnariat provisoire soit mis en place avec des partenariats publics, comme la Caisse des Dépôts et Consignations".

Le président (PS) du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini a proposé que son département "entre au conseil de surveillance et pourquoi pas demain au capital".

De plus, "chacun s'est exprimé pour exiger que Veolia prenne enfin ses responsabilités", a souligné le candidat socialiste à la mairie, Patrick Mennucci, représentant le président de la communauté urbaine.

La suppression de 500 emplois sur deux ans

Anciennement publique, la SNCM est détenue à 66% par Transdev (coentreprise de la Caisse des dépôts et de Veolia Environnement), 25% par l'Etat et 9% par les salariés.

Face aux difficultés de la compagnie, Veolia souhaiterait sortir de l'affaire et serait même favorable à un dépôt de bilan de la SNCM qui assure des liaisons
entre Marseille, la Corse, la Sardaigne et le Maghreb.

Le ministère des Transports a précisé à l'AFP que trois sujets ont été abordés: l'examen du relevé de décisions prises lors de la réunion avec les syndicats le 8 janvier, une éventuelle participation des collectivités au financement des navires et les possibilités de reclassement dans les collectivités des salariés qui seront licenciés dans le cadre du plan de redressement.
Il prévoit la suppression de 500 emplois sur deux ans et a été validé par les actionnaires et les salariés.


Lancement du plan de redressement


Depuis 14H00, le conseil de surveillance de la SNCM était réuni, pour la première fois à Marseille, à quelques mois d'élections municipales, dont la deuxième ville de France sera l'un des principaux enjeux.

Les syndicats de salariés en attendent notamment des précisions sur le lancement du plan de redressement, l'augmentation du temps de travail et un renouvellement de la flotte avec la commande de quatre bateaux, pour une meilleure productivité.

Selon une source proche du dossier, le plan de départs volontaires, dont le coût est chiffré à 45 millions d'euros, a commencé.

"Dans la mesure où 2014 est l'année du lancement du projet industriel, la manière dont les actionnaires répondront à ces échéances sera un indicateur important.

Il y a à ce sujet un gros point d'interrogation sur Transdev, sur ses intentions en 2014", a commenté Pierre Maupoint de Vandeul, de la CFE-CGC.

"La commande des navires n'est pas directement à l'ordre du jour, mais nous attendons quand-même un point précis sur le choix du chantier, et les délais de commande", a-t-il ajouté.

Frédéric Alpozzo, de la CGT, espère que le conseil de surveillance "mandate le directoire (...) pour lancer la commande de bateaux, et si possible avec les chantiers de Saint-Nazaire qui ont notre préférence".

La Banque publique d'investissement (bpiFrance) et la Caisse des dépôts (CDC) doivent étudier les solutions financières les plus appropriées pour l'achat de quatre bateaux.

Un précédent conseil, le 20 décembre, avait été annulé en l'absence de Transdev et de l'Etat, qui l'avaient jugé sans objet: Veolia avait, la veille, autorisé
un prêt de 13 millions d'euros à la SNCM, pour faire face aux difficultés immédiates de trésorerie.

Jean-Marc Ayrault a également promis 30 millions d'euros d'apport supplémentaire de l'Etat, début janvier, lors des 10 jours de grève qui ont paralysé l'activité de la compagnie.

Réunion au Ministère des TRansports
Patrick Mennucci Elu communauté urbaine de Marseille Paul Giacobbi Président du Conseil Exécutif de Corse Reportage : Dominique Moret et Thierry Guespin

Une Société d'Economie Mixte à l'étude

L'Office des Transports de la Corse, il faut le rappeler, a chargé de mission un "monsieur SEM" pour étudier les différents scénarios de faisabilité d'une compagnie régionale.


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