Archives déclassifiées : "Une lueur d’espoir" pour les familles des victimes du crash du vol de la Caravelle

L’annonce par Emmanuel Macron de la déclassification des documents secret-défense de plus de 50 ans pourrait relancer l'affaire du crash du vol de la Caravelle Ajaccio-Nice, et la thèse officielle de l'accident. Les familles des victimes y voient une "occasion de connaître la vérité".

Mathieu Paoli lors de commémoration du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, le 11 septembre 2019 à Ajaccio.
Mathieu Paoli lors de commémoration du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, le 11 septembre 2019 à Ajaccio. © Emilie Raguz/MaxPPP

L’annonce du président de la République sur les archives déclassifiées va-t-elle relancer l’affaire du crash du vol de la Caravelle Ajaccio-Nice, le 11 septembre 1968 ? "C’est une lueur d’espoir", salue Mathieu Paoli, le président de l’association des familles des victimes de ce crash, lors duquel il a perdu ses deux parents.

"On attendait un geste politique depuis des années, on espère toucher au but après tant d’années de combat"

Paul Sollacaro, avocat de l'association des familles des victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice

"On attendait un geste politique depuis des années, on espère toucher au but après tant d’années de combat", juge de son côté Me Paul Sollacaro, l’un des deux avocats de l’association.

En annonçant, mardi soir, que les documents secret-défense de plus de 50 ans allaient être déclassifiés, Emmanuel Macron a relancé l’affaire du crash du vol de la Caravelle Ajaccio-Nice, 53 ans après, alors que le mystère demeure.

La version officielle parle d'un accident et rejette l'hypothèse d'un tir de missile

La version officielle a toujours évoqué un accident pour cause de la mort des 95 personnes présentes à bord du vol. L’enquête technique avait conclu à un incendie, alors que les familles des victimes ont toujours refusé cette version. L’hypothèse d’un tir de missile a été avancée, mais la classification de documents secret-défense n’a jamais pu confirmer cette thèse.

L’annonce d’Emmanuel Macron, qui avait déjà demandé la levée du secret-défense sur le crash en 2019, un an après que l’ancien juge d'instruction en charge de l'affaire Alain Chemama avait estimé qu’il fallait prendre "très au sérieux" la thèse d’un tir de missile accidentel, va forcément réveiller des questions.

"On pourra faire notre deuil au moment où on saura pourquoi l’avion est tombé. Toutes les familles de l’association attendent cette levée du secret-défense"

Mathieu Paoli, président de l’association des familles des victimes du crash du vol de la Caravelle Ajaccio-Nice

"C’est une occasion de connaître la vérité, juge Mathieu Paoli. On pourra faire notre deuil au moment où on saura pourquoi l’avion est tombé. Toutes les familles de l’association attendent cette levée du secret-défense. On ne veut pas d’argent, pas de procès, on veut simplement savoir ce qui s’est passé."

Pour l’avocat de l’association des familles des victimes, ce geste confirme que le "secret-défense a pesé" sur l’affaire du crash du vol de la Caravelle. Et d’ajouter : "On attend de découvrir ce qui se cache" derrière ces archives déclassifiées. Les premières réponses pourraient arriver cet été, une fois la loi promulguée.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique