• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Les bières artisanales : un secteur en plein boom

Production locale, identité insulaire, goûts originaux : la Corse est un marché particulièrement intéressant pour la production de bières artisanales, volant parfois la vedette à la célèbre Pietra.

Par A.P.

L’engouement pour les bières artisanales fait la part belle aux petits producteurs. En France, le nombre de brasseries est passé de 600 à 1200 en 5 ans. Et la Corse n’échappe pas à ce phénomène.

Forte identité, produits du terroir, saveur originale,… : sur l’île, les artisans brasseurs bénéficient d’une bonne réputation.  A Patrimonio, la micro-brasserie de la Ribella est victime de son succès. La demande est forte pour ses bières produites avec essences du maquis comme l’immortelle et de l’orge biologique. Leur créateur cherche désormais à approvisionner l’ensemble du marché insulaire.

La Lutina, située en Castagniccia, produit notamment une bière avec des baies de myrtes. Son brasseur espère doubler sa production pour arriver à 4000 hectolitres par an, et exporter davantage vers le continent. « Aujourd’hui on tend vers quelque chose de plus équilibré parce qu’on commence à commercialiser pas mal de bières sur le continent et ça nous permet de lisser notre activité, même si on aura toujours un appel plus important en saison. »

Autre stratégie pour l’Impériale qui, elle, ne produit que pour sa brasserie : « Nous ne voulons pas commercialiser de la bière, nous souhaitons la fabriquer exclusivement dans la ville d’Ajaccio et la consommer exclusivement dans la vieille ville d’Ajaccio. C’est pour cela que nos clients viennent à notre rencontre et nous échangeons beaucoup avec eux ». De quoi aiguiser la curiosité des visiteurs, d’autant que ceux-ci peuvent se rendre dans l’arrière-boutique pour observer les procédés de fabrication.
 

D’autres acteurs lorgnent sur ce marché juteux

 

Les bières artisanales : un secteur en plein boom
Intervenants : Jean-Pierre Giordani, co-fondateur de la micro-brasserie "Impériale" / Pierre-François Maestracci, fondateur de la brasserie "Ribella" et membre du syndicat des brasseurs indépendants / Luc Franchet, co-fondateur de la brasserie "Lutina" / Sophie Simonetti-Malaspina, responsable marketing chez "Pietra". Reportage : Solange Graziani, Laura-Laure Galy



Le marché est si intéressant que certains producteurs font fabriquer leur bière à l’extérieur de l’île tout en apposant sur leur produit une étiquette Corse. Pour remédier à cette concurrence, Pierre-François Maestracci, membre du syndicat des brasseurs indépendants a déjà sa petite idée : « On réfléchit à un label pour les bières indépendantes produites vraiment sur le territoire, pour les différencier des bières dont l’étiquette pourrait tromper le consommateur. »

Malgré ce boom des micro-brasseries, le marché reste dominé par la célèbre Pietra. Grâce à bière à la châtaigne et ses 80 000 hectolitres annuels, cette entreprise a su conquérir les capitales européennes.
Ce qui ne l’empêche pas de nourrir une certaine inquiétude face à ses nouveaux petits concurrents :  « Nous avons le projet, afin de répondre aux attentes des consommateurs, de développer une micro salle à brasser au sein de notre brasserie qui nous permettra de développer de nouvelles recettes, tester de nouveaux ingrédients. », annonce Sophie Simonetti-Malaspina, responsable marketing chez "Pietra".

Aujourd’hui les bières artisanales représentent 10% des ventes sur le marché français. Certains consommateurs participent même à leur production. Une boutique d’Ajaccio propose aux clients d’élaborer eux-mêmes leur propre cru et de repartir avec.
 

Sur le même sujet

Entretien avec François Charles, président de l'association l'Arcu

Les + Lus