Ajaccio : des mesures pour réduire la pollution des navires à quai

Des mesures ont été évoquées vendredi en Préfecture pour limiter la pollution autour du Port d'Ajaccio. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Des mesures ont été évoquées vendredi en Préfecture pour limiter la pollution autour du Port d'Ajaccio. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Les ferries et paquebots de croisière utilisent du fuel lourd très polluant. Plusieurs acteurs du secteur se sont réunis vendredi à Ajaccio pour limiter cette pollution.
 

Par France 3 Corse ViaStella

Plus personne ne l'ignore : les navires de croisières et les ferries polluent les villes côtières. En 2018 à Ajaccio, l'association France Nature Environnement avait constaté une pollution aux particules ultrafines 10 fois plus élevée lors du départ ou de l'arrivée des navires, dans un rayon de 2 km autour du port.
La pollution mesurée par l'asociation rance Nature environnement dans le Port d'Ajaccio au départ d'un ferry. / © France Nature Environnement
La pollution mesurée par l'asociation rance Nature environnement dans le Port d'Ajaccio au départ d'un ferry. / © France Nature Environnement

La ville a décidé de s'attaquer au problème. Jeudi, le conseil municipal a adopté une motion à l'unanimité pour améliorer les conditions environnementales de la ville. Premiers visés : les navires. "Je pense que nous pouvons très bien avoir une réflexion qui réussisse à marier les intérêts économiques indéniables et bien sûr que je suis persuadé qu'il faut que la ville d'Ajaccio soit une destination touristique mais pas au détriment de la qualité de vie de nos habitants. Pas au détriment de la santé publique", déclarait alors Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio.

Pour réfléchir aux mesures à prendre contre la pollution liée aux ferries et paquebots, une réunion s'est tenue vendredi en Préfecture avec différents acteurs du secteur : ville d'Ajaccio, Collectivité de Corse, CCI, EDF, Corsica Ferries, La Meridionale, Corsica Linea, représentants de la DREAL et de la DDTM.

Parmi les solutions proposées : électrifier les postes à quai, pour brancher les navires et éviter qu'ils ne brûlent du carburant lorsqu'ils sont stationnés dans le port.

" On pourra alimenter à quai un ou deux bateaux DSP [délégation de service publique, ndlr] dès mi-2021 pour un montant de 2,2 millions d'euros, précise Patrick Bressot, directeur régional d'EDF. Un ou deux ans après on pourra alimenter l'ensemble des bateaux et là il y aura un coût global de 4 millions d'euros."
Patrick Bressot, directeur régional d'EDF sur le branchement des navires à quai
Intervenants -Patrick Bressot, directeur régional d'EDF Equipe - Sylvie Wolinsky

En attendant, la chambre de commerce et d’industrie de la Corse-du-Sud suggère la mise à disposition de groupes électrogènes fonctionnant au gaz où les navires pourraient se brancher.

D'autres pistes ont été étudiées comme le ralentissement des navires à l'approche des ports corses ou l'instauration d'un système de bonus/malus pour les compagnies.

Au 1er janvier prochain, l'Organisation maritime internationale (OMI) imposera que la teneur en soufre utilisée pour la propulsion des navires soit ramenée à 0,5% contre 1,5% aujourd'hui pour les navires transportant des passagers.
 

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