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Ajaccio : l’association Corsica Palestina donne la parole à la dissidence israélienne

En Israël, certains refusent de faire leur service militaire. La raison principale : ne pas participer à l'occupation de la Palestine. Ils sont les Refuzniks. Samedi, le sujet était au centre d'un débat organisé par l'association Corsica Palestina. 
D'un côté le regard de Martin, photographe, auteur du livre « Refuzniks » sur les vies et visages de ceux qui refusent l’armée en Israël. De l'autre le mouvement de Yaël, à vingt ans, après deux ans de service militaire, elle s'est sauvée pour toujours de son pays d'enfance.

Des parcours de dissidence que l'association Corsica Palestina a voulu faire connaître. Dans l’extrait d’une vidéo diffusée lors de la rencontre une jeune Israélienne témoigne. « D’une certaine façon, on perd son temps en prison. Mais en ce qui me concerne, je le referais. C’est une décision importante et je suis très fière de cette partie de mon histoire. »


durée de la vidéo: 02 min 13
Corsica Palestina dissidence israélienne

Obligatoire


« En général, les gens qui refusent de faire l’armée sont considérés par la société israélienne comme des parias. Ils sont confrontés à énormément de difficultés. Aussi bien au niveau personnel, au niveau de leur famille, de leurs amis, mais aussi parfois au niveau professionnel, de leurs études. Ça pose des problèmes, c’est compliqué », explique Martin Barzilaï, auteur de « Refuzniks ».

En Israël, le service militaire est obligatoire. Il dure trois ans pour les garçons, deux pour les filles. Il est un des piliers de la militarisation de la société israélienne dénoncée par ces Refuzniks.

durée de la vidéo: 10 min 18
Web Refuzniks

« Identification à l’État »


Mais Yaël raconte aussi toutes les étapes depuis le plus jeune âge d'un formatage identitaire, individuel et collectif. Et elle parle de dictature émotionnelle. « C’est un processus qui commence par les livres d’Histoire et qui continue par des cérémonies, des jours de commémoration, le jour de la Seconde Guerre mondiale, par les chansons qu’on entend à la radio. Cela nous apprend à réagir émotionnellement d’une manière très spécifique face à des situations différentes. C’est une forme d’identification à l’État », analyse Yaël Perlman, cinéaste.

Le nombre de participants était petit, mais la densité d’écoute était toute particulière hier, samedi. 70 ans après la création de l’État d’Israël sa critique est toujours compliquée. Mais pour l'association, le décryptage du conflit avec la Palestine reste essentiel pour voir clair dans les déchirures du monde.


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