Ajaccio : la guerre des grandes surfaces se poursuit, le Leclerc ne devrait pas fermer ses portes

Les requêtes contre le Leclerc d'Ajaccio ont été rejetées par la Cour administrative d'appel. / © FTVIASTELLA
Les requêtes contre le Leclerc d'Ajaccio ont été rejetées par la Cour administrative d'appel. / © FTVIASTELLA

Dans un contexte de difficultés d’approvisionnement des centres commerciaux, la bataille entre concurrents dans le pays ajaccien continue. Ce lundi 20 janvier, la Cour administrative d'appel de Marseille a rejeté les requêtes déposées par les groupes Rocca et Torre.

Par F.A

Le Leclerc de Baleone et sa galerie marchande, vous ne connaissez pas encore ? Difficile à croire… Entre les clients qui passent, les défenseurs de l’environnement qui dénoncent l’artificialisation des terres et les amateurs de guerre commerciale qui suivent le feuilleton entre concurrents, cette périphérie d’Ajaccio connait une notoriété croissante. 

Depuis 2012, le projet de ce Leclerc et sa galerie sont contestés d’un côté par le groupe Rocca, de l’autre par la société Corsaire, devenue entre temps la SAGEM. Le groupe ROCCA, propriétaire de la "retail park" Auchan à quelques dizaines de mètres,  pour des raisons évidentes de concurrence ; le groupe Corsaire "par pur principe" explique aujourd’hui Jean Claude Torre, lui-même ayant été entravé dans sa création d’hypermarché par François Padrona dans les années 2000. 

D’autres commerçants attaquent indépendamment les décisions qui concernent le centre commercial Leclerc de Baleone.  
 

Feuilleton judiciaire


Permis de construire et autorisations d’exploitation commerciale sont les deux mamelles de la grande distribution. Les permis de construire sont accordés par le maire, ici celui de Sarrola-Carcopino. Les autorisations d’exploitation, elles, dépendent, au niveau départemental, des CDAC et en cas de recours des CNAC, commission nationale des autorisations commerciales. Tout cela est traité par la justice administrative jusqu’au Conseil d’état, en cas de cassation. 

Et justement, le dernier épisode médiatique de la guerre des grandes surfaces de Baleone, s'était clos en 2018. À ce moment là, le Conseil d’Etat avait définitivement mis à bas le dossier initial du projet Leclerc qui avait été validé en 2014 par la CDAC pour 13.000 m2. Annulé au bout de 4 ans. On croyait l’affaire bouclée, quoiqu'un peu compliquée étant donné que le magasin Leclerc de Baleone avec sa galerie marchande est bel et bien ouvert. 
 


Mais c’était sans compter sur les délices de l’urbanisme commercial présentant autant de péripéties que l’urbanisme résidentiel. Les deux décisions prises hier par la Cour administrative d’appel révèlent qu’entre les procédures attaquant les premiers permis de construire, d’autres ont été déposées par la société de François Padrona, 3C pour Corsican Commercial Center.

 


Contentieux commercial


En effet, un décret de la loi Pinel a inventé en 2015 "un permis de construire valant autorisation d’exploitation commerciale", qui fonde les deux procédures dont je vous ai parlé plus haut… si vous me suivez… C’est ce petit pain béni, associé à la notion bienveillante de "modification substantielle du projet" qui va permettre aux avocats de François Padrona de gagner avec des nouveaux permis de construire - dossiers qui incluent même des extensions de plus de 7.000 m2 du projet initial pourtant invalidé ! 

"Qu’importe" explique ainsi maître Yamina Zerrouk "d’avoir perdu en 2018, car il ne s’agit pas des mêmes procédures". C’est exactement sur cette base que Jean-Claude Torre annonce déjà qu’il ira en cassation. Patrick Rocca y réfléchit. 

Le cabinet juridique de 3C annonce 1.000 emplois préservés par cette décision. Des chiffres difficiles à confirmer. Ni le magasin Auchan ni le Leclerc de Baleone ne rendent publiques ces données, pas plus que leurs chiffres d’affaires annuels. C’est pourtant une obligation. 
 

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