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Écologie : que faire des déchets de chantier ?

75% des déchets produits chaque année sont issus du BTP / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella
75% des déchets produits chaque année sont issus du BTP / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella

Chaque année, 75% des déchets produits proviennent du BTP.  Les entreprises sont tenues de respecter la filière pour se débarrasser de leurs résidus de chantier, sous peine de fortes amendes. Mais qu'en est-il pour les particuliers ? 

Par Axelle Bouschon

Une fois les travaux terminés, que faire de ses déchets de chantier

Béton, bois, ou encore briques en morceaux, tous ces détritus prennent de la place pendant et après la construction, et certains peuvent être tentés de s'en débarrasser au premier espace venu. 

Mauvaise idée : l'abandon de déchets dans la nature constitue une infraction, réprimée par l’article R 632-1 du Code pénal. Assimilés à un dépôt sauvage, ils représentent au sens de la loi à un "abandon d'objet sans respect de ses obligations".

Dans le cadre d'un chantier professionnel, maître d'ouvrage et entreprise mandatée pour les travaux ont la charge des déchets. Mais quand les travaux sont menés par un particulier, il en devient l'unique responsable jusqu'à leur élimination complète.
 
L'article R 632-1 du code pénal interdit formellement les dépôts sauvages / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella
L'article R 632-1 du code pénal interdit formellement les dépôts sauvages / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella

 

Infraction


En cas d'entorse à la loi, le fautif est passible d'une amende de 68€ pour un particulier, qui peut grimper à 450€ en cas de contestation. Et si un véhicule a été utilisé pour transporter et jeter les déchets, la note est encore plus salée :  jusqu'à 1 500€.

Quant aux entreprises qui décideraient d'économiser du temps ou des frais en se débarrassant de leurs résidus de chantiers de la sorte, l'amende peut atteindre 75 000 euros, et s'accompagne même dans certains cas de 2 ans de prison.

Alors pour éviter de faire un trou dans son porte-monnaie, et pour limiter son impact environnemental, surtout, mieux vaut traiter ses détritus de chantiers dans une recyclerie.
 

Recyclage


Au total, 17 recycleries du Syvadecle syndicat de traitement des déchets corses - reparties sur l'ensemble de l'île, collectent les déchets types gravats et végétaux. 

L'une d'entre elle, par exemple, est située au Stiletto, à Ajaccio. Une des bennes de la recyclerie est même dédiée aux gravats des particuliers.
 
Les particuliers peuvent se débarrasser de leurs déchets de chantiers dans cette benne / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella
Les particuliers peuvent se débarrasser de leurs déchets de chantiers dans cette benne / © CHAREYRE Vivien / FTViaStella

 

Il faut venir par petit seau, c'est crevant...


Une initiative limitée cependant à deux sacs par jours. Le quota est jugé insuffisant par Claude Chabran, venu sur place se débarrasser de ses déchets : 

"Pour les particuliers, c'est très compliqué. On doit soit aller dans les décharges spécifiques, mais à ce moment-là on arrive avec des petites quantités, et on paye des sommes astronomiques parce que c'est prévu pour des gros chargements... Soit on vient là, mais il faut venir par petit seau, c'est fatiguant, c'est crevant... C'est très mal organisé en fait."
 


Ainsi, si la recyclerie permet l'évacuation de déchets de chantier gratuitement, elle nécessite un peu d'organisation. Ce qui pousse Catherine Luciani, directrice des services généraux du Syvadec, à inciter les particuliers à "venir régulièrement" : 

"Ils peuvent venir tous les jours, selon le niveau de l'avancement de leur chantier, plutôt que d'attendre d'avoir des grandes quantités et de les avoir en mélange. Parce qu'à ce moment-là, ils sont obligés de s'adresser à des recycleries professionnelles, avec des prix en mélange qui peuvent être très importants..."
 
Écologie : que faire des déchets de chantier ?
Intervenants : - Claude Chabran; Catherine Luciani, directrice des Services Généraux du SYVADEC; Benjamin Nervi, gérant de la société 2CR. Equipe : CHAREYRE Vivien; WOLINSKI Sylvie; DELSOL Jean-Jérôme


Revalorisation


Car tous les types de détritus issus du BTP ne sont pas traités de la même manière. Déchets végétaux ou type gravats, inertes ou non, toutes ces conditions sont prises en compte pour pouvoir les recycler.

Des plateformes de revalorisation prennent ainsi en charge une partie de ces déchets.

Parmi elles, la société de concassage et recyclage Corse 2CR :

"Les déchets inertes du BTP sont des déchets issus des minéraux, des briques, du béton, tout ce qui n'évolue pas dans le temps, explique Benjamin Nervi, son gérant. Ce qui n'est pas le cas du plastique, et du bois par exemple. On peut les accueillir, mais des opérations de tris seront nécessaires pour les séparer des déchets inertes."

Des opérations de tri qui ont un coût, et qui expliquent la différence de prix entre le dépôt du trié et du non-trié.


Nouvelle utilité

 

Des produits qui peuvent être réemployés dans le milieu du BTP


Les débris sont concassés et criblés par des machines. Objectif : leur donner une nouvelle fonction. 

"Nous obtenons différents produits qui peuvent être réemployés dans le milieu du BTP, assure Benjamin Nervi. Peut-être pas au niveau des performances des produits naturels dans les carrières... Mais on peut les utiliser dans des applications secondaires."

Et la filière a de l'avenir : la loi de transition énergétique fixe ainsi à 70% l'objectif de revalorisation de ces déchets sous forme de matière, d'ici 2020.

 

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