Pierre-René Lemas : “la Corse n'est pas violente, elle subit la violence de certains”

Pierre-René Lemas signant Des princes et des gens à Ajaccio / © Viastella
Pierre-René Lemas signant Des princes et des gens à Ajaccio / © Viastella

Préfet en Corse de 2003 à 2006, Pierre-René Lemas a connu une riche carrière de haut serviteur de l'Etat. Nous l'avons rencontré à l'occasion de sa venue à Ajaccio à l'occasion de la sortie de son livre, Des Princes et des gens, une réflexion sur l'exercice du pouvoir. 

Par Sébastien Bonifay

Pour les Corses, le nom de Pierre-René Lemas reste avant tout associé à son passage au Palais Lantivy, de 2003 à 2006. 
Mais l'ancien préfet de Corse a évolué, au fil d'une longue carrière, les plus hautes sphères de l'Etat. 
Il a été directeur général de la puissante Caisse des Dépôts et Consignations,  mais surtout secrétaire général de l'Elysée entre 2012 et 2014, sous la présidence de François Hollande
 
Illustration / Pierre-Rene Lemas, secrétaire général de l'Elysée, en 2013. / © Eric Feferberg / AFP
Illustration / Pierre-Rene Lemas, secrétaire général de l'Elysée, en 2013. / © Eric Feferberg / AFP

Le secrétaire général de la République Française, un poste rarement sous le feu des projecteurs, hormis lorsqu'il égrène le nom des nouveaux membres d'un gouvernement, mais primordial.

Il est considéré comme le plus proche collaborateur du président. 
Certains journalistes habitués des couloirs du palais n'hésitent pas à le qualifier d'''autre patron de l'Elysée".
 
© Viastella
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Pierre-René Lemas peut, à ce titre, être considéré comme l'homme par qui tout a commencé pour le président de la République actuel, Emmanuel Macron
C'est lui qui, en poste à l'Elysée, recrutera le jeune homme encore inconnu en 2012 et le nommera secrétaire général adjoint. 

Cet automne, Pierre-René Lemas a publié Des princes et des gens. 
Et était à Ajaccio, ce week-end, pour une séance de dédicaces. 
L'occasion de s'entretenir avec lui sur l'action de l'Etat en Corse. 
 
Pierre-René Lemas en dédicace à ajaccio

 Vous pourrez retrouver en intégralité en fin d'article l'entretien réalisé par Jean-André Marchiani, Stéphane Lapera et Jacques Paul-Stefani, dont nous vous proposons ici quelques extraits choisis :



Préfet en Corse:
  • "A mon époque sur l'île c'était compliqué... On était juste après le référendum pour lequel les Corses avaient voté non, et c'était une époque compliquée. L'état était mal à l'aise après son échec."

L'autonomie:
  • "J'ai toujours pensé que l'autonomie des collectivités territoriales, et en particulier en Corse, n'avait rien d'antinomique avec la République. Je pense que la république n'a rien à craindre de l'autonomie."
  • "Il ne faut jamais se mettre en situation de bras de fer. Dans la vie publique tout à la fin fini par être des compromis. (...) C'est la voie que devraient suivre l'Etat, et la Corse". 
  • "Mon regard de citoyen m'amène à dire qu'à mon sens, les liens ne sont pas rompus [entre la Corse et Paris - NDLR]. Je pense que les échanges continuent. Est ce qu'il y a une bonne volonté de part et d'autre, je le crois. Je veux le croire." 

La Clandestinité :
  • "La violence a fait perdre beaucoup de temps à tout le monde".

Le phénomène du grand banditisme insulaire :
  • "je ne suis pas sûr que le mot mafia soit un mot adéquat. La Corse, ce n'est pas la Sicile, et je pense que c'est encore plus compliqué. Ce sont des additions de bandes, de gangs, de bandits, de voyous, qui forment des équipes qui sont parfois complices, parfois rivales, qui utilisent l'intimidation, la violence, la corruption... C'est un phénomène qui est grave parce qu'il empoisonne la vie de nos compatriotes corses. La Corse n'est pas violente, elle subit la violence de certains." 
 
Pierre-René Lemas

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