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Saisie de transats : « on fait la guerre aux Corses »

© Viastella
© Viastella

Mauvaise surprise pour le restaurant le Roc72, à Coti-Chiavari, cet après-midi : les gendarmes sont venus, et sont repartis avec ses transats et ses parasols. Une saisie ordonnée par le procureur d'Ajaccio qui provoque le courroux du propriétaire de la paillote. 

Par Axelle Bouschon

« Nous avons déjà moitié moins de touristes cette année. Avec ça en prime, comment voulez-vous qu’on fonctionne ? »

Jacques Ettori est furieux.

Ce mercredi 31 juillet après-midi, aux alentours de 15h, des assesseurs et des gendarmes sont venus dans son restaurant, le Roc 72, à Coto-Chiavari (Corse du Sud).

Une visite hélas ni de courtoisie, ni pour consommer : les gendarmes ont saisi 45 transats et 20 parasols, et sont repartis avec dans leur fourgon.

  


Infraction


« Je les avais mis à disposition pour ma clientèle, raconte Jacques Ettori, à titre gracieux. »

Seulement voilà, la paillote n’a pas obtenu d’AOT – c’est-à-dire d’autorisation d’occupation temporaire- cette année. Ce partenariat, délivré par les services de la préfecture, permet à un particulier ou une entreprise d’occuper un espace qui ne lui appartient pas pour une durée déterminée.
 

Avec la baisse du tourisme, on ne peut pas se permettre de perdre encore plus de clients sur des détails comme cela
 

Malgré l’interdiction, le gérant décide de mettre plusieurs transats en libre-service pour ses clients... « Quand on m’appelle pour réserver une table, la première chose que les gens demandent, c’est s’il y a de la place, et la deuxième, si on a des transats ! Avec la baisse du tourisme, on ne peut pas se permettre d’en perdre encore plus sur des détails comme cela. »

Le mardi 30 juillet, la paillotte est inspectée par les affaires maritimes, qui constatent l’infraction.

La saisie est ordonnée par le procureur dans la foulée, et effectuée ce mercredi par la gendarmerie.
 
Le restaurant accuse une baisse importante de clientèle, cette année / © Jacques Ettori
Le restaurant accuse une baisse importante de clientèle, cette année / © Jacques Ettori

 

En plein service


Le propriétaire avait été tenu au courant de la saisie, rappelle le procureur d’Ajaccio, Éric Bouillard, et celle-ci a été faite « dans les règles ».

Les transats et parasols ont eux été consignés, dans le respect de la procédure.

Imaginez un peu l’impression que cela donne de nous ! 


Mais plus que la saisie en elle-même, ce qui chagrine Jacques Ettori, c’est l’heure à laquelle les gendarmes ont décidé de l’effectuer.

« Ils sont venus les prendre en plein milieu du service, s’exclame-t-il, alors même qu’il y avait des clients dessus. Imaginez un peu l’impression que cela donne de nous ! »
Le restaurateur se dit dérouté par « ces manières de faire ».

Pour lui, il aurait été préférable que la saisie soit faite à 6h, ce matin.
Ou du moins « avant le début du service ».

« Je pense que le procureur voulait juste faire du spectacle à nos dépens », conclut-il, dépité.

 
45 transats et 20 parasols du restaurant ont été saisis par les gendarmes, ce mercredi 31 juillet / © Jacques Ettori
45 transats et 20 parasols du restaurant ont été saisis par les gendarmes, ce mercredi 31 juillet / © Jacques Ettori
 

« Etat d’occupation »


Selon Jacques Ettori, au-delà d’un enlèvement de transats, il y a là la preuve d’une « guerre contre les Corses ».


On est considérés chez nous comme des immigrés !


« Nous ne sommes plus dans un état de droit, mais dans un état d’occupation. On est considérés chez nous comme des immigrés ! »

Le patron du Roc72, contraint de « subir la sanction », ne réinstallera pas de nouveaux transats cet été. Il espère que ces clients continueront de venir malgré tout, mais est plutôt pessimiste :
« On va sans doute perdre 50% de nos consommateurs ».

 
paillote
Intervenants - Gilles Rivallin, Habitué, Frédéric Ferrandez Habitué, Jacques Ettori-Peretti, Gérant du Roc 72, Eric Bouillard, Procureur de la République à Ajaccio Equipe - PERROUX Ophélie CAPPAÏ Jennifer

 

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