"Je suis non essentiel" : le cri d’alarme des commerçants, artisans, clubs de sport, restaurateurs et cinémas d’Ajaccio

Ils sont artisans ou commerçants, acteurs de la culture et de l’économie autour d’Ajaccio, et sont, en cette période de confinement, considérés comme "non-essentiels". Dans un court-métrage, ils rappellent leur existence et leur peur de disparaître.
 
Dans le film "Je suis non-essentiel", de Franck Fougère, une commerçante voit sont activité disparaître sous ses yeux.
Dans le film "Je suis non-essentiel", de Franck Fougère, une commerçante voit sont activité disparaître sous ses yeux. © Capture d'écran du film "Je suis non-essentiel"
En temps normal, Franck Fougère est réalisateur, il fait des documentaires animaliers. Ces trois dernières années, il a fait neuf fois le tour du monde. Mais depuis le premier confinement, son activité et à l’arrêt, et il n’est pas le seul.

Il y a une dizaine de jours, il a décidé d’agir avec ses armes, une caméra, des contacts, un banc de montage pour parler de tous ceux qui, comme lui, sont touchés économiquement par la crise sanitaire.

"Je ne voulais pas dénigrer le travail en milieu hospitalier, explique-t-il, pas prendre position contre quelqu’un. Il fallait plutôt faire un état des lieux sur les décisions qui sont prises, qu’on est très nombreux je pense à trouver illogiques et pas équitables."
"Je suis non-essentiel"

En quelques jours, Franck Fougère a téléphoné à des commerçants d’Ajaccio, des représentants de chaque corps de métier et fait participer le Cinéma Ellipse, Bulldog Tatoo, l’Auberge du Prunelli, la boutique Karma Korma, la librairie la Marge, le club Pitbull Gym, et le salon de coiffure Végétalement Provence pour réaliser un court métrage intitulé : "Je suis non-essentiel". Une façon d’exister derrière les rideaux fermés.

Des personnalités corses ont accepté de participer : Toussaint Martinetti, Jean-François Bernardini, Pierre Farel, Paul Mancini. Avec l’idée de porter un regard "poétique et sensible " sur la situation.

Le tournage se fait en une semaine "quasiment nuit et jour", avec un espoir : " uand ça ira mieux il va falloir commencer à réfléchir autrement de façon à ce qu’on puisse se retrouver chez les petits commerçants, dans le club de sport à côté, être solidaire et consommer local, déclare le réalisateur. Il y a une problématique, certes, mais il faut aussi continuer à vivre et les conséquences de toutes ces décisions qui ont été prises vont être bien plus graves que celles auxquelles aujourd’hui on est confrontés."
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