REPORTAGE. En Corse, des fouilles archéologiques en mer pour percer le mystère d’une épave du 16ème siècle

Dans la passe des îles sanguinaires, la deuxième session du chantier de fouilles archéologiques de l'épave "Sanguinaires C" a débuté. Ce navire marchand du 16ème siècle, découvert en 2005 au large d'Ajaccio, suscite toujours autant la curiosité des chercheurs. Reportage à bord de l'Alfred-Merlin, navire scientifique du ministère de la Culture.

Quatre siècles d'histoire remontent à la surface.

Dans de grands sacs déposés sur le pont de l'Alfred-Merlin, peut être un bout de la mémoire d'Ajaccio. S'agit-il d'artillerie, d'équipement de bord ou encore du chargement du bateau ?

Des indices cruciaux scrutés de près par ces archéologues. “Les produits de corrosion ne permettent pas de voir clairement la fonction première de l'objet, d’autant que ces objets se sont agglomérés les uns aux autres, donc on les a étiquetés et on les a positionnés au fond de l'eau, indique Marine Sadania, co-directrice scientifique de la fouille (Drassm). Aujourd'hui, on les remonte pour les passer au scanner et grâce à cela, on verra quels sont les objets présents et la manière dont ils ont été entrecroisés."

Enquête sous-marine

Une découverte possible aussi grâce à une palanquée de plongeurs. Ils remontent de l'épave, 19 mètres de profondeur plus bas.

"On a quand même beaucoup de courant, mais on a trouvé encore de jolies céramiques au fond ; il faut que le photographe descende prendre des photos", raconte Hervé Alfonsi, co-responsable de la fouille et archéologue bénévole.

Ces fonds marins sont étudiés depuis 2016 et n'ont toujours pas fini de dévoiler leurs secrets cette année. La nouvelle campagne de fouille doit permettre de démonter méticuleusement le chargement en pierre à chaux qui recouvre l'ancien navire marchand. Une enquête sous-marine d'envergure menée par 20 archéologues, qui élucident au fur et à mesure l'énigme du naufrage.

"Ce bateau vient probablement de Scandinavie, donc d'Europe du Nord, explique Marine Sadania. Il a circulé, il a passé le détroit de Gibraltar, il est arrivé en Méditerranée, on ne sait pas encore quelle était sa destination finale. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il a subi des aménagements, probablement dans un port méditerranéen. Et la céramique est clairement en provenance d'Italie du Nord, donc on suppose que c'est dans un port d'Italie du Nord que ce chargement et ces aménagements ont été effectués, avant un rapprochement vers la Corse."

“Les céramiques retrouvées à bord étaient de couleur verte à l'origine et c'est l'érosion sans doute du sable qui a enlevé ici la couche d'oxyde vert, relate Hervé Alfonsi. C'est vraiment caractéristique du 16e siècle.”

En 2025, les scientifiques s'attelleront à l'étude de la coque du bateau. Un enjeu de taille puisque seules 3 épaves de ce type de construction scandinave ont été retrouvées sur l'ensemble du pourtour méditerranéen.

Le reportage de Nina Santi et Jean-Philippe Mattei :

durée de la vidéo : 00h02mn20s
REPORTAGE. En Corse, des fouilles archéologiques en mer pour percer le mystère d’une épave du 16ème siècle ©N. SANTI - J.-P. MATTEI / FTV

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