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Taravo: Les producteurs de bovins défendent leur mode d'élevage

Dans la plaine du Taravo (Corse du Sud), sur l'exploitation de Jean-Luc Santoni de la coopérative Altra Carri, les animaux sont élevés à l'air libre. / © D. MORET / FTVIASTELLA
Dans la plaine du Taravo (Corse du Sud), sur l'exploitation de Jean-Luc Santoni de la coopérative Altra Carri, les animaux sont élevés à l'air libre. / © D. MORET / FTVIASTELLA

Des boucheries et des abattoirs ont été attaqués sur le continent par des militants radicaux de la cause animale. Pas d'incidence pour les producteurs insulaires, mais ils s'inquiètent et veulent rassurer sur leur type d'élevage.

Par France 3 Corse ViaStella / GB

Dans la plaine du Taravo, Jean-Luc Santoni possède une quarantaine de vaches. Mardi matin, l'éleveur est venu avec une botte de foin récolté sur son propre terrain. Ici, les animaux sont à l'air libre.

L'alimentation du troupeau est strictement traditionnelle. Comme les cent autres adhérents de la coopérative l'Altra Carri, Jean-Luc Santoni se conforme à un cahier des charges.

"L'herbe pour les vaches, le lait pour les veaux et s'il y a un complément d'alimentation c'est uniquement à base de céréales et des minéraux tout-à-fait traçables sans aucun substitut médicamenteux", explique l'éleveur.

Soixante veaux de la coopérative sont passés mardi par l'abattoir de Cuttoli. La couleur, le gras, le poids, toutes les carcasses sont vérifiées au départ chez le client.

L'une des particularités de cette viande est sa couleur rosé qui contraste avec la chair blanche des bêtes élevées en batterie. L'origine de chaque bête est identifiée.

"La traçabilité est d'office chez nous puisque nous avons déjà un contrôle chez l'exploitant pour regarder l'âge de la bête et on la suit jusqu'à l'abattoir", indique Jean-Philippe Pancrazi, directeur de la coopérative Altra Carri.
 
Taravo – les producteurs de bovins défendent leur mode d'élevage
Intervenants - Jean-Luc Santoni, éleveur; Jean-Philippe Pancrazi, directeur de la coopérative Altra Carri; Jean-Charles Mattei, éleveur; Aymeric Benard, vétérinaire. Equipe - Dominique Moret, Stéphane Agostini

Sur son exploitation aux portes d'Ajaccio, Jean-Charles Mattei reçoit la visite d'un vétérinaire. Tous deux vantent les mérites des exploitations insulaires où le veau est élevé sous la mère.

Dans d'autres régions, les troupeaux sont constitués de vaches laitières. Les conséquences de l'élevage industriel sont à la fois gustatives et sanitaires.

"Un veau qui est élevé en batterie va moins se développer sur le pan musculaire qu'un veau qui vit en plein air comme ici. La viande blanche vient d'une carence en fer que l'on impose au veau, alors que d'une façon naturelle le veau va trouver des minéraux et notamment du fer dans son alimentation", explique Aymeric Benard, vétérinaire.

La mise au ban de l'élevage intensif pourrait ouvrir de nouveaux marchés pour les éleveurs insulaires. Reste désormais à promouvoir le produit auprès des consommateurs.

Sur le continent vendredi, le président de l'interprofession des viandes bovines Interbev et celui de l'interprofession des viandes porcines Inaporc ont demandé à Emmanuel Macron d'enrayer les "violences sectaires", après l'incendie d'un abattoir dans l'Ain et une vague de dégradation et destruction de vitrines qui vise boucheries, charcuteries, fromageries et abattoirs.

 

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