Le RENDEZ-VOUS

Retrouvez LE RENDEZ-VOUS présenté par Celia Petroni du lundi au jeudi à 20h10 sur France 3 Corse ViaStella
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Karl Zéro était au Rendez-Vous

Il est l’un des visages emblématiques du PAF, depuis 30 ans il a investi tous les écrans et il était au Rendez-Vous à l'occasion de la deuxième édition du festival du film politique à Porto-Vecchio.

Par Celia Petroni

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Karl Zéro était au Rendez-Vous, l'occasion pour nous de revenir sur son parcours. Tout commence dans les années 80, dans la presse écrite satirique : Métal HurlantCharlie Hebdo ou L'écho des savanes. Puis la radio : Radio Nova, Actuel, avant de faire le grand saut dans l’univers de la télévision. Et pas n’importe où: le voilà embarqué dans l’aventure Canal+, Nulle Part Ailleurs ,puis Zerorama, et le Vrai Journal, le journal qui disait ce que les autres passaient sous silence. 
Nous évoquerons son binôme à la vie comme à la scène Daisy d’Errata, l'amour depuis 40 ans!
© Harcourt Paris
© Harcourt Paris

Sans oublier son appétence pour la chose politique: du cinéma au film documentaire, il n'y a qu'un pas. 
Il a co-fondé le festival du film politique à Porto-Vecchio .
 

DE L’ART DU MENSONGE EN POLITIQUE
"Quelle est la part d’« art dramatique » chez un acteur… et chez un politique ? Qui « joue » le mieux ? Qui est le plus à même de faire naître l’émotion, la joie ou la tristesse, la gaieté ou la terreur… sur commande ? Qui « croit-on » le plus ?
Comme le révèle notre étonnant sondage Opinion Way, 74% des Français pensent que les politiques sont des acteurs. Je l’ai toujours pensé, et la vie a fait que bien souvent j’ai pu le toucher du doigt, personnellement.
Dans Le paradoxe du comédien, Diderot affirmait qu’un acteur est bon lorsqu’il est capable d’exprimer une émotion qu’il ne ressent pas. C’est exactement la définition d’un bon politique. Il doit camper tour à tour la  colère, la force, l’empathie, le sourire, en fonction de ses rendez-vous médiatiques ou populaires mais ce… tous les jours de toute sa vie. Jusqu’au bout. Et en n’avouant jamais la vérité : qu’il campe un personnage éminemment fictif.
C’est donc là la grande différence entre les deux métiers. De temps en temps, le comédien – celui qui dit qu’il l’est ! – redevient lui-même. On notera à ce propos que dans ces moments-là, il dit souvent qu’il « est mal ». L’acteur ne vit vraiment que lorsqu’il est un autre. Il ne vit que pour ça. Être un autre.
Le politique, lui, est… un autre ! Tout le temps. Son rôle ne le quitte jamais. C’est pour cela qu’il n’avoue jamais que ç’en est un ! Il peut, certes, le faire évoluer, comme dans les meilleures séries, retourner sa veste, changer de camp et  d’avis, voire même finir en prison, mais il restera à l’infini le personnage qu’il a choisi d’incarner au départ. Ou alors, s’il raccroche les gants, arrête la politique, force est de constater qu’il n’est… plus rien.
Rappelons-nous que du temps de Diderot, et jusque même cinq ans après sa mort, les comédiens étaient privés de tous droits civils et politiques. Même Molière n’était que toléré à la Cour. C’étaient des saltimbanques, des traîne-savates, quant aux comédiennes, je n’ose pas écrire le qualificatif immédiat qu’on leur collait.  Il a fallu attendre 1798 et la Révolution pour que les comédiens aient un véritable  statut. Au moment même, paradoxalement, où des Conventions fort animées se succédant permirent à toutes sortes d’acteurs (inouïs au demeurant : Marat, Robespierre, Saint-Just…) de faire leurs armes dans le Parlement naissant !
Aujourd’hui, ce sont leurs successeurs (souvent pâlichons, hélas…) qui ont repris leurs rôles, et les deux chambres sont nos deux plus grands théâtres nationaux qu’on nous envie dans le monde entier… Et le psychiatre Jean-Paul Mialet de conclure ce petit exposé avec ce secret de Polichinelle : « Si tout le monde ment, les hommes politiques occupent une fonction qui les oblige à mentir plus que les
autres. »
Alors ici, à Porto-Vecchio, qui va mentir le plus, et le mieux ? Nos jurés issus du monde politique ou du cinéma ? Nos invités d’honneur, des médias ou de l’édition ? Et bien non ! Faisons le pari – fou, insensé, intenable ? – que pour une fois, le temps de ces quatre jours de fête dédiés au Cinéma politique, personne ne mentira ! Chacun jouera franc-jeu, dira sa vérité, et que le vœu du Festival que nous réitérons pour cette deuxième édition : « faire se parler ceux qui en font et ceux qui la jouent » sera tenu !
"
Karl Zéro
 
Festival du film politique

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