"Grâce à Dieu" sortira bien ce mercredi dans les salles françaises

Ce mercredi, le film de François Ozon "Grâce à Dieu" sort dans les salles, après décision du TGI de Lyon. Ce long-métrage revient sur la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée par d'anciens scouts accusant d'agressions sexuelles le père Bernard Preynat.
François Ozon au Festival du film de Berlin "Berlinale", reçoit le Grand Prix du Jury pour son film polémique Grâce à Dieu, le 16 février 2019.
François Ozon au Festival du film de Berlin "Berlinale", reçoit le Grand Prix du Jury pour son film polémique Grâce à Dieu, le 16 février 2019. © Ralf Hirschberger / MAX PPP
Après un ultime obstacle judiciaire, le film polémique "Grâce à Dieu" sort bien dans les salles française ce mercredi 20 février

Si le réalisateur François Ozon, s'était dit "zen" mardi matin, il s'est félicité de la décision du Tribunal de Grande Instance de Lyon, dans un tweet explicite : " Merci Lyon".
   

Comprendre la polémique 


Le long-métrage raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts accusant d'agressions sexuelles le père Bernard Preynat

Cette affaire est justemement en train d'être jugée. Et certaines des personnes impliquées refusent que leur nom soit cité dans ce long-métrage, évoquant la présemption d'innoncence.

C'est d'abord Bernard Preynat, l'ex-prêtre qui demandait un report de la sortie du film car il n'a pas encore été jugé. Sa demande avait été rejetée ce lundi à Paris.

Et cette fois, c'est Régine Maire, une ancienne membre du diocèse qui ne souhaitait pas que son nom soit cité. Ce Mardi 19 février, sa demande a été balayée par le juge des référés du TGI. "Madame Maire est déçue", a indiqué son avocat, Me Xavier Vahramian. Sa cliente, qui a vu le film lors d'une avant-première, ne s'est pas reconnue car on la présente, selon elle, comme "un personnage dénué d'empathie, sévère et ayant pour but alors de servir le cardinal Barbarin".

Le tribunal explique sa décision par le fait que le film ne porte pas atteinte à la vie privée de Régine Maire car elle y agit en tant que psychologue bénévole au diocèse, un domaine de la vie publique selon les juges, rapporte l'avocat de la plaignante.

"Nous sommes heureux que le tribunal de Lyon ait appliqué le principe de liberté d'information et de création (même) quand il semble s'opposer aux droits des personnes", a déclaré de son côté Paul-Albert Iweins, l'un des deux avocats de François Ozon et du distributeur du film, interrogé par nos confrères de l'AFP.
 

Mon but, c'était de faire un film sur la fragilité masculine. Le film est sur les victimes, pas sur le père Preynat.


Pour son réalisateur François Ozon, la polémique n'a pas lieu d'être. Son film n'est pas centré sur les rôles au coeur des procédures judiciaires, mais sur la vie des victimes. "Mon but au départ, c'était de faire un film sur la fragilité masculine. Le film est sur les victimes, pas sur le père Preynat. Le point de départ, c'est le fait divers, mais après je pars sur ces hommes qui ont osé parler, et les répercussions de la libération de la parole pour quelqu'un qui à 40 ans témoigne qu'il a été victime", a-t-il expliqué mardi.

Si le film sort bien en salles ce mercredi, il n'en a pas fini d'être poursuivi par les procédures judiciaire. Les avocats du père Preynat vont symboliquement faire appel de la décision le concernant. Ils en font une question de principe et de défense de la présomption d'innocence.

Grâce à dieu n'en finit pas de faire l'actualité. Car le film, outre cette actualité, est déjà auréolé d'un prix. Il a obtenu le Prix du Jury de la Berlinale, le 16 février dernier.
 

Reportage après la diffusion du film à Bastia

 
Grâce à Dieu : film sur la naissance de l'association "La Parole Libérée" ©France 3 Corse ViaStella

En ce qui concerne l'affaire d'agression sexuelle dont est accusée le père Bernard Preynat, le jugement doit être rendu le 7 mars prochain.
 
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