Grève des laboratoires d’analyses médicales en Corse : "certaines structures auraient du mal à se remettre de coups de rabot systématiques"

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Écrit par Audrey Altimare .

À compter de ce lundi 14 novembre, les laboratoires d’analyses libéraux sont en grève. Une grève “illimitée” afin de dénoncer une économie de 250 millions d’euros à réaliser dans le secteur annoncé dans le cadre du budget de la sécurité sociale 2023. Un mouvement suivi dans les laboratoires corses.

corse“Biologie en danger : grève nationale des laboratoires de biologie médicale. Site ouvert pour les urgences uniquement”. Voici le message coller sur les portes de la plupart des laboratoires d’analyses médicales corses, ce lundi 14 novembre. "Je suis venu faire une prise de sang et ils viennent de me dire qu’ils sont en grève. Ils m’ont donné un papier pour revenir un peu plus tard dans la semaine”, explique un patient.

Car depuis ce lundi, et pour une durée “illimitée”, un mouvement de grève nationale touche les laboratoires d’analyses médicales. Un nouvel épisode dans le bras de fer qui oppose le gouvernement et les biologistes libéraux qui dénoncent l’économie de 250 millions d’euros à réaliser par le secteur dans le cadre du budget de la sécurité sociale pour 2023.

Il est tout à fait légitime et normal qui les laboratoires participent à un effort ponctuel lié au caractère exceptionnel de la crise Covid. Mais il ne faut pas que cet effort pénalise l’ensemble de la structure en venant jouer sur l’ensemble des examens de la biologie ce qui pénaliserait intégralement la profession. Car certains laboratoires auraient du mal à se remettre de coups de rabot systématiques plutôt que réfléchis autour d’une table”, estime Thomas Vallotton, biologiste médical au sein des laboratoires Vialle qui plaide pour une “compensation exceptionnelle liée au Covid.

Le mouvement devrait durer trois jours

Faute d’accord, depuis l’annonce de ce “rabot”, les biologistes médicaux ont dans un premier temps arrêté de transmettre les résultats de ces dépistages au fichier national SI-DEP, perturbant le suivi de l’épidémie pendant une semaine. Un boycott jugé "inconséquent" et "inadmissible" par le ministre de la Santé, François Braun, qui les a même accusés de "prendre en otage l’ensemble de la population".

Le mouvement, qui devrait durer au moins trois jours, est aussi porté par les grands groupes de laboratoires privés (Biogroup, Cerba, Eurofins, Inovie, Synlab), ainsi que par le réseau des Biologistes indépendants (LBI).

L’Assurance-maladie "continue pour sa part à privilégier le dialogue" et "regrette profondément l’appel à la grève", jugeant ses propositions "pleinement soutenables pour le secteur de la biologie". Les biologistes ont toutefois reçu cette semaine le renfort du Sénat lors de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale.

Épousant leur revendication, les sénateurs ont voté un amendement transformant cette "baisse pérenne” en contribution exceptionnelle de 250 millions d’euros en 2023. Une main tendue qui "rouvre la voie à une solution négociée", jugent les biologistes libéraux. Au gouvernement et à l’Assemblée nationale de "se saisir de cette opportunité", ont-ils argué. Ce mouvement de grève devrait se poursuivre jusqu’au 16 novembre prochain.  

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