Trafic de cocaïne en Balagne: jusqu'à 3 ans de prison requis

Illustration- La façade du Palais de justice de Nice (Provence-Alpes-Côte d'Azur) / © Wikimédia
Illustration- La façade du Palais de justice de Nice (Provence-Alpes-Côte d'Azur) / © Wikimédia

Le parquet a requis mercredi jusqu'à trois ans de prison ferme dans le procès des organisateurs présumés d'un trafic de cocaïne alimentant la région de Balagne, en Corse, pour lequel 12 personnes comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Nice.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Contre Anthony Barat, présenté par l'instruction comme la "tête pensante" de ce trafic international, par lequel la cocaïne était rapportée d'Amsterdam avant d'être distribuée sur l'île de beauté, le ministère public a requis 3 années d'emprisonnement et 20.000 euros d'amende, avec un maintien en détention.

Anthony Barat est par ailleurs mis en examen pour l'assassinat d'un homme le 7 décembre 2012 en Corse.

Contre ses deux présumés "lieutenants", Paul Leonardo et Tony Guichard, qui avaient poursuivi le trafic après l'incarcération de leur chef en allant s'approvisionner dans les Bouches-du-Rhône, il a été demandé respectivement 30 mois et deux ans, avec maintien en détention.

Contre François Guidoni, présenté comme le revendeur auprès des établissements de nuit de Balagne et déjà incarcéré dans une autre affaire, le procureur a requis deux ans, avec mandat de dépôt.

Contre un cinquième homme, chez lequel une plantation de cannabis avait été découverte, le procureur a requis 15 mois de prison dont 8 assortis du sursis. Pour fonder ses réquisitions, le procureur a mis en avant les innombrables éléments les impliquant : écoutes téléphoniques, surveillance policière et déclarations de témoins notamment, et ce, en l'absence de saisie de marchandise.

Pour les autres prévenus, notamment les compagnes des principaux suspects, le parquet a demandé des peines avec sursis et de la relaxe pour l'un d'entre eux.

Il s'en est enfin remis au jugement du tribunal, qui devrait intervenir jeudi ou vendredi, concernant deux autres prévenus qui apparaissent dans le dossier comme ayant pu jouer un rôle dans l'organisation de ce trafic.

Plusieurs voyages aux Pays-Bas 

Le chef présumé du réseau, Anthony Barat, 33 ans, qui a grandi près de Calvi, est accusé d'avoir effectué plusieurs voyages aux Pays-Bas en 2014 pour se fournir en stupéfiants. Ils étaient ensuite écoulés sur l'Île-de-Beauté par ses deux lieutenants, Paul Leonardo et Tony Guichard.

Les trois hommes sont en détention provisoire, de même qu'un quatrième prévenu, François Guidoni. Les huit autres dont quatre femmes, sont placés sous contrôle judiciaire et comparaissent libres.

Depuis la prison, Anthony Barat aurait continué à diriger le trafic de stupéfiants, ses lieutenants, ayant poursuivi cette activité mais en s'approvisionnant cette fois dans les Bouches-du-Rhône,selon les enquêteurs.

Crâne rasé, veste chic et verbe facile 

Tous nient leur implication dans ce dossier, à l'exception de François Guidoni qui admet la revente de stupéfiants et d'Anthony Barat qui a reconnu avoir à deux occasions ramené 250 g puis 160 g de cocaïne depuis Amsterdam, dans le premier cas pour dépanner un ami et dans le second pour sa consommation.

Devant le tribunal, Anthony Barat, crâne rasé, veste chic et verbe facile, se décrit comme un "entrepreneur en débroussaillage et élagage", ayant toujours travaillé "au black", raison pour laquelle n'apparaît plus aucun mouvement sur ses comptes bancaires depuis 2010.

Mis devant l'évidence de nombreuses écoutes téléphoniques accablantes et de témoignages à charge, Anthony Barat, auteur de violences volontaires en prison sur François Guidoni qui l'avait mis en cause avant de se rétracter, dit ne pas être "au courant".

Le témoignage de son beau-frère, à qui il aurait confié être à la tête d'un réseau de trafic de drogue, s'expliquerait par "les problèmes psychologiques" et la "mythomanie" de ce dernier, selon lui.

Un trafic sur fond d'assassinat

Le trafic avait été mis au jour à l'occasion d'écoutes dans le cadre du dossier sur l'assassinat le 7 décembre 2012 en Corse de Jérémy Mattioni, dans lequel Barat a été mis en examen.

Il est présenté comme un proche de Jean-Christophe Massiani, abattu en Balagne le 17 août 2014 au cours d'un guet-apens à la suite duquel Barat avait été amené à se mettre au vert chez sa soeur et son beau-frère en Haute-Savoie.

Lors de son interpellation, de nombreuses armes ont été trouvées à son domicile, dont plusieurs avec des balles déjà chambrées, ainsi qu'une cagoule et des talkie-walkie.

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