Bastia - Quinzaine du cinéma britannique, les 5 films à voir

"Les heures sombres" de Joe Wright, à la 31e Quinzaine du film britannique de Bastia. / © DR
"Les heures sombres" de Joe Wright, à la 31e Quinzaine du film britannique de Bastia. / © DR

Cette semaine a débuté la 31ème édition de la Quinzaine du cinéma britannique. 13 films vont être présentés aux cinéphiles bastiais. Difficile de faire un choix dans une sélection de grande qualité, mais voici cinq films à voir (peut-être) en priorité.

Par Sébastien Bonifay / FTVIASTELLA

GOD'S OWN COUNTRY de Francis Lee

Autant débuter par ce qui est, probablement, le meilleur film de la sélection. Premier long-métrage de Francis Lee, God's Own Country suit le quotidien monotone et peuplé de frustrations de Johnny, un jeune homme qui travaille dans la ferme isolée, dans le Yorkshire.

Un quotidien bouleversé lorsque Gheorghe, un saisonnier d'origine roumaine, est embauché pour quelques semaines à la ferme.  

Francis Lee, avec un mélange étonnant de délicatesse et de rudesse, observe la naissance du sentiment amoureux entre deux hommes, perdus dans les brumes intimidantes de la campagne anglaise. Sobre, cru, et profondément émouvant. 

VICTORIA AND ABDUL de Stephen Frears

Depuis plus de 50 ans, Stephen Frears radiographie la Grande-Bretagne au gré d'une filmographie aux mille facettes: My Beautiful Laundrette, Prick Up Your Ears, The Van, Ms Henderson Presents, Philomena, ou encore le magnifique The Queen, consacré à Elizabeth II.

C'est la reine Victoria, et l'amitié qui la lia, à la fin de sa vie, avec un jeune employé indien, qui est au coeur du dernier long métrage de Frears, Victoria And Abdul. L'histoire vraie d'une amitié qui va susciter l'émoi de son entourage. Et ce genre de choses, Frears sait faire.

C'est parfois un peu académique, mais réjouissant, grâce à la grande Judie Dench. 

MAZE​ de Stephen Burke

Une histoire vraie, à nouveau. la prison de Maze, une ville d'Irlande du Nord, était considérée comme la prison la plus stricte et sécurisée d'Europe. Jusqu'au 25 septembre 1983. Le jour où 38 prisonniers de l'IRA sont parvenus à prendre la fuite, au cours de ce qui reste la plus grande évasion de l'histoire du Royaume-Uni.

Stephen Burke, le réalisateur, se concentre sur les prémices de l'évasion. Et le jeu de dupes que l'un des détenus, Larry Marley, avait initié avec un gardien, pour parvenir à ses fins.

Efficace et intelligent, Maze évite de surcroît tout manichéisme et porte un regard dépassionné sur le sanglant conflit nord-irlandais. 

ENGLAND IS MINE de Mark Gill

England is Mine, c'est le parcours d'un mancunien prénommé Steven, avant que le monde entier ne le connaisse sous le nom de Morrissey. Et ne découvre les chansons, d'une vénéneuse mélancolie, de son groupe, The Smiths.

L'idée, formidable, de Mark Gill, est de prendre le contre-pied des biopics à la mode. Le film se termine au moment où tout autre débuterait. La rencontre entre Morrissey et le guitariste Johnny Marr, qui donnera naissance au groupe.

On suit donc les errements de Morrissey, timide et pourtant animé d'une foi immense en son propre talent, dans l'Angleterre du début des années 80, alors que le monde de la musique se remet de la vague du punk et cherche à explorer de nouvelles voies.

La frustration de ne pas entendre un seul morceau des The Smiths durant le film est contrebalancée par la reconstitution juste et jamais tape-à-l'oeil, du Manchester de l'époque. 

LES HEURES SOMBRES de Joe Wright

Winston Churchill à l'honneur dans pas un mais deux films de la sélection. Avec Churchill, le bien nommé, et avec Les Heures Sombres. On vous conseillera d'opter pour ce dernier. Pas uniquement en raison de ces six nominations et deux victoires aux derniers Oscars, dont celui, amplement mérité, de meilleur acteur pour Gary Oldman.

Ce qui donne toute sa force aux Heures Sombres, c'est la manière dont Joe Wright parvient à rendre palpable la solitude et force morale du Premier Lord ministre britannique en 1940, alors que le Nazisme s'étend sur l'Europe, isolant la Grande-Bretagne, et que Sir Winston doit également faire face à des adversaires dans son propre camp, persuadés qu'il faut négocier et se rendre à Hitler.

Sobre, mis en scène avec un élégant classicisme, et vibrant de la force morale et de l'esprit acéré de son héros, Les heures Sombres est une belle réussite. Churchill, de son côté, vaut avant tout pour la prestation, là aussi parfaite, de Brian Cox. L'acteur écossais n'a rien à envier à Oldman, mais le film, lui, manque de souffle et d'ampleur.


















































Sur le même sujet

toute l'actu cinéma

Déchets : des élus du Fium’orbu-Castellu refusent de recevoir plus de 43 000 tonnes par an 

Les + Lus