Julien Morganti : "Sur la méthode, les valeurs et la probité il y a une ligne de rupture forte"

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Il est celui que l'on attendait pas. Ou que l'on attendait pas si haut. Julien Morganti est le troisième homme de ces municipales bastiaises. Et compte bien s'imposer au premier rang du jeu politique bastiais. Il était notre invité sur le plateau de Corsica Sera. 

Julien Morganti, envers et contre tous. 
Malgré son cavalier seul du premier tour, peu de gens pariaient sur sa présence en tête de liste au second. 


L'invité surprise ?

Dans un premier temps parce que, vue la profusion de listes, certains doutaient de sa capacité à réunir les 10 % de voix nécessaires. 
Et pourtant.
L'ancien lieutenant de François Tatti a convaincu 12 % des Bastiaises et des Bastiais.

Ensuite parce que tout portait à croire que l'opposition, au soir du 15 mars, se mettrait finalement en ordre de marche pour affronter Pierre Savelli, le maire sortant.
Et que Julien Morganti rejoindrait le bercail. 
Mais son absence sur les plateaux, à ce moment-là, et son silence lors des jours qui ont suivi semblaient dire autre chose. 

Julien Morganti l'a confirmé le 23 mai dernier, en déclarant qu'il serait tête de liste, quoi qu'il en soit. Et en invitant Jean-Sébastien de Casalta, Jean Zuccarelli et Jean-Martin Mondoloni à se ranger derrière lui. 
On se doute bien que les trois hommes ne l'ont pas entendu de cette oreille. 
On se doute bien également que Julien Morganti n'en attendait pas moins d'eux. 

"Pendant un an on a travaillé à une alternative. Quand le nom de Jean-Sébastien de Casalta a été évoqué j'ai retiré ma proposition, tout simplement parce que je considérais que les conditions n'étaient plus réunies (...). Je considère que pour être crédible, la démarche doit venir de loin. La campagne, c'est l'expression d'une passion."

Le message est clair. Julien Morganti estime qu'il a une légitimité bien supérieure au candidat de la liste Unione per Bastia, nouveau venu en politique. 
 


Exister par soi-même

Ce n'est pas le seul problème que posait cette alliance.
Julien Morganti compte bien profiter de ces municipales pour acter définitivement le divorce avec ses anciens proches.

Ceux qui lui ont mis le pied à l'étrier il y a quelques années, et qui ont rejoint Jean-Sébastien De Casalta. 
Au premier rang desquels François Tatti...

Quand Laurent Vincensini, sur le plateau de France 3 Corse, demande ce qui, politiquement, les sépare, il n'obtiendra pas de réponse. 
La mésentente, apparemment, se situe ailleurs :
"C'est à la fois sur la méthode, les valeurs, la probité, et sur la cohérence, qu'il y a une ligne de rupture forte." 
 

Faire de la politique autrement

Pour Julien Morganti, le candidat le plus jeune, et le plus connecté, de cette campagne de second tour, il faut avant tout faire de la politique autrement.
Peu importent les étiquettes politiques. Et cela ne signifie pas uniquement qu'il faut rompre avec les errements du passé.

"Le renouveau ce n'est pas une question d'âge, de méthodes, de pratiques, mais également de renouvellement de visages. Sur la liste nous n'avons que des gens qui sont issus des quartiers, qui travaillent au quotidien, qui ne sont pas issus du sérail politique. 
 


La vraie question, c'est qu'est-ce qu'on apporte de concret aux habitants ? C'est dans cette démarche que je m'inscris. On le voit aux municpales, quand on dépasse les partis politiques on a un résultat. C'est comme ça que je me suis qualifié au second tour." 

 Et c'est comme cela que Julien Morganti espère créer la surprise, au soir du 28 juin prochain.