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Abattoir de Ponte-Leccia partiellement fermé : l’affaire prend une tournure politique

Pour des raisons techniques, l’abattoir de Ponte-Leccia ne peut plus accueillir de porcs. C’est le seul habilité à le faire en Haute-Corse, ce qui engendre des difficultés pour les éleveurs. En pleine campagne pour les élections des chambres d'agricultures, une polémique est née.
 

Par P.S.

L’abattoir de Ponte Leccia est la seule structure à pouvoir abattre des porcs en Haute Corse. Le 27 décembre dernier, alors que l’activité battait son plein, la chaîne d’abattage des porcs est tombée en panne. Elle est survenue au plus mauvais moment, entre Noël et le jour de l’an, alors que les pièces pour la réparer devaient être achetées sur le Continent.

Problème : le mois de décembre est la haute saison pour les éleveurs porcins. Un retard dans l’abattage a des conséquences sur la production.
Abattoir de Ponte-Leccia partiellement fermé : l’affaire prend une tournure politique
Intervenants -Jean-François Sammarcelli, gérant de l'abattoir de Ponte-Leccia // Magali Ori Sayag, éleveuse porcine, Via Campagnola // Pierre Havet, direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations Equipe - Kael Serreri, Morgane Bona

A la veille des élections à la chambre d’agriculture, l’affaire a pris une tournure politique. Le syndicat Via Campagnola a tiré la sonnette d’alarme

« Ça s’est déjà passé il y a deux ans et ça arrive à nouveau, on est toujours dans la même situation. C’est l’éleveur qui est confronté au problème. On le laisse seul et on nous oblige à passer à l’abattoir. Comment on fait ? », demande Magali Ori Sayag éleveuse porcine.

Au problème économique s’ajoute un problème sanitaire : en théorie les animaux envoyés à l’abattoir ne peuvent pas retourner dans leur exploitation, ils pourraient être contaminés. Après la panne survenue à Ponte-Leccia c’est pourtant ce qui s’est passé. Une décision assumée par les services vétérinaires de l’Etat.

« On a demandé à ce que les porcs repartent sur les abattoirs et ceux qui ne pouvaient pas pour des problèmes logistiques et de transports, qu’ils soient ramenés vers les infirmeries des élevages, qu’ils ne soient pas mélangés avec les autres porcs et qu’ils repartent le plus tôt possible sur un abattoir pour être tués », relate Pierre Havet, à la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations.

Les responsables l’assurent : la panne sera bientôt réparée à l’abattoir de Haute-Corse.

Mais l’épisode soulève d’autres questions. Pour le syndicat Salameria Corsa, les structures permettant l’abattage des bêtes dans des conditions sanitaires satisfaisantes ne sont pas assez nombreuses.

« Il est évident que des abattoirs il va en falloir peut-être un peu plus que ce qu’il y a jusqu’à maintenant, estime Nicolas Capodimacci, président du syndicat. Parce que les gens prennent conscience qu’on ne peut plus travailler comme il y a 20 ans et tuer ses porcs à la maison. Lorsque vous êtes dans une démarche d’appellation, vous avez des contraintes, c’est normal. C’est sûr que ça va augmenter les quantités d’abattage. »
A la Collectivité de Corse on assure prendre le problème très au sérieux, un nouveau schéma d’organisation devrait être élaboré prochainement.

 

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