GR20 - Faut-il lever l'interdiction de traverser le cirque de la Solitude?

Passage dans le cirque de I Cascittoni (les grosses caisses), appelé aussi "cirque de la solitude", sur le GR20 / © Akunamatata / Flickr
Passage dans le cirque de I Cascittoni (les grosses caisses), appelé aussi "cirque de la solitude", sur le GR20 / © Akunamatata / Flickr

Ce site emblématique du GR20 est interdit aux randonneurs depuis l'accident du 10 juin 2015 où sept personnes sont décédées suite à un glissement de terrain. Deux ans après la tragédie, des marcheurs et des guides bravent régulièrement l'interdit et réclament sa réouverture.

Par France 3 Corse ViaStella

Paul André Acquaviva est guide de haute montagne. Depuis 2016, il retourne régulièrement dans le cirque de la Solitude, seul ou avec des groupes. Pour lui, l'arrêté interdisant la circulation n'a pas lieu d'être.

"C’est une atteinte à la libre circulation des personnes et des biens, il n’y a pas plus de danger à passer par le cirque qu’il n’y en a à passer par le Cintu, les rochers et les blocs peuvent tomber dans toute l’île, dans toutes les montagnes du monde, c’est comme ça."

Le 10 juin 2015, lors d’un violent orage, une coulée de pierres et de boue emportait plusieurs randonneurs engagés dans le cirque d'I Cascittoni, passage considéré comme le plus délicat du GR20. Après des semaines de recherche les autorités dressaient le bilan de sept morts et trois blessés.

Faut-il lever l'interdiction de traverser le Cirque de la Solitude ?
Paul André Acquaviva, président de la compagnie des guides de haute montagne de Corse; Benoît Bronzini de Caraffa, avocat; Major Patrick Bonissone, commanadant adjoint du PGHM de Corse - France 3 Corse ViaStella  - Maia Graziani, Marion Lompageu

Du côté de la mairie de Mansu à l’origine de l’arrêté de circulation dans la zone d’i Cascittoni, il n’est pas question de lever l’interdit, aussi célèbre que soit la mythique étape du GR 20.

D'autant que de récentes études géologiques font état de nouveaux risques d'éboulements sur le site. Et qu’en cas de nouvel accident, la commune et le maire pourraient être tenus responsable en vertu du pouvoir de police du maire.

"Le maire peut aussi avoir sa responsabilité pénale engagée, c’est-à-dire qu’il peut être poursuivi devant le tribunal correctionnel pour ne pas avoir pris les mesures propres à assurer la sécurité dans sa commune", selon Me Bronzini de Caraffa, avocat du barreau de Bastia.

Malgré l'interdiction, depuis 2015, plusieurs randonneurs se sont perdus dans I Cascittoni. Pompiers et gendarmes ont effectué quatre interventions de secours sur la zone dont deux ces derniers mois.

Car arrêté ou pas, les services de secours en montagne interviennent partout. Chaque année, 14.000 randonneurs s'engagent sur le GR20, réputé le plus difficile d’Europe.

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