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Rétrospective 2018 : l’année politique en Corse

Gilles Simeoni après avoir été élu président de l'exécutif de Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Gilles Simeoni après avoir été élu président de l'exécutif de Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

L’année 2018 en Corse est dominée par une majorité nationaliste pléthorique. Les autres forces politiques font l'apprentissage du travail d'opposant, au sein de l'Assemblée, comme dans les collectivités ou parti en dehors de la sphère nationaliste.
 

Par P.S.

Jean-Guy Talamoni reconduit à la présidence de l'Assemblée de Corse, Gilles Simeoni à l'exécutif. Ce 2 janvier 2018 les conseils départementaux sont absorbés par la Collectivité de Corse. Pè a Corsica qui avait obtenu 56% des suffrages dispose d'une majorité absolue.

Avec seulement 22 élus, l'influence des trois groupes d'opposition est réduite. Dès la première session, la droite, qui convoitait la présidence du syndicat de l'énergie de la Corse-du-Sud est écartée. Théâtralisant leur indignation, les élus quittent l'hémicycle.
Rétrospective 2018 : l’année politique en Corse
Intervenants - Petru-Antone Tomasi, conseiller territorial Corsica Libera // Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse // Pierre-Jean Luciani, ex président du Conseil départemental de la Corse-du-Sud // Jean-Pierre Colombani, militant Core in fronte // Laurent Marcangeli, président du mouvement Ajaccio //Jean-Félix Acquaviva, secrétaire national Femu a Corsica Equipe - Dominique Moret

La majorité est pléthorique, le vote est une simple formalité, mais les choix restent contraints. L'héritage financier laissé par les départements revient souvent. Les critiques sont surtout adressées à Pierre-Jean Luciani dont la gestion est qualifiée de dispendieuse.

Au-delà des finances, pour les quelques 4 500 agents de la CdC, la fusion ce sont des statuts à harmoniser, un quotidien qui change et la mise en place d'un nouvel organigramme. Fin septembre, le mal être de certains personnels s'exprime à travers un rassemblement dans les couloirs de l'hôtel de région.

Lors des élections professionnelles de fin d'année, le taux de participation dépasse les 70%. Le STC, syndicat nationaliste, l'emporte.

Les nouvelles institutions se mettent en place. Le 1er mars Paul Scaglia l'emporte face au sortant Henri Franceschi à la tête du conseil économique social environnemental et culturel. Le scrutin est interrompu par la colère du syndicat Via Campagnola, dont aucun représentant ne siège dans cet organe représentant la société civile. Mi-avril, c'est au tour de la chambre des territoires de s'installer à Bastia. Une assemblée consultative qui sera peu présente dans le débat public.
Un débat public dans lequel Core in Fronte a bien l'intention de compter.

Début janvier le mouvement est porté sur les fonts baptismaux à Corte. Le discours est critique vis-à-vis de la majorité territoriale, jugée accommodante avec l'Etat.

Autre naissance : celle du mouvement Ajaccio créé par Laurent Marcangeli, qui a quitté Les Républicains. Le discours « ni de droite ni de gauche » rappelle celui du candidat Macron. Le but est de rassembler pour les municipales à venir.
C'est donc sans le maire d'Ajaccio que LR a renouvelé ses instances en octobre. En Corse-du-Sud Jean-Jacques Ferrara le député proche de Laurent Marcangeli est battu face à Marcel Francisci, immédiatement félicité par Laurent Wauqiez.

En Haute-Corse François-Xavier Ceccoli, maire de San Giulianu  était seul candidat. La droite n'a pas le monopole des divisions. Aux Ghjurnati Internaziunali di Corti, des divergences apparaissent entre indépendantistes et autonomistes. Les élus de Femu a Corsica refusent de participer à un débat lorsqu'ils se rendent compte que celui-ci sera animé par Charles Pieri, militant à la réputation sulfureuse.

Des dissensions existent également au sein même de Femu a Corsica. Le PNC de Jean-Christophe Angelini refuse le parti unique pourtant annoncé. Les querelles de préséances ont pesé lourd. Un groupe PNC est constitué au grand dam de Gilles Simeoni.

Mais la déception sera de courte durée. A Corte, l'assemblée générale constitutive attire plusieurs centaines de militants. Jean-Félix Acquaviva, le vieux rival de Jean-Christophe Angelini est fait secrétaire national. Il aura fallu attendre 9 ans pour que la coalition Femu a Corsica devienne un parti.


 

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