La CGT des Finances publiques de Haute-Corse contre le prélèvement des impôts à la source

Le prélèvement des impôts à la source devait prendre effet en janvier 2019. Mais la mise en oeuvre de la réforme pourrait être compromise. / © Maxppp
Le prélèvement des impôts à la source devait prendre effet en janvier 2019. Mais la mise en oeuvre de la réforme pourrait être compromise. / © Maxppp

Le prélèvement des impôts à la source, qui était prévu au 1er janvier est largement remis en cause. Emmanuel Macron a déclaré qu’il attendait des « réponses précises » avant l’entrée en vigueur de la mesure. En Haute-Corse, la CGT Finances publiques s’oppose à la réforme.
 

Par P.S.

« Au-delà de l'aspect technique (pas de réforme pour certains salariés, pas de logiciels pour les entreprises de moins de 20 employés….) et des risques de bugs informatiques évidents, la panique qui s'empare de Macron est surtout due aux conséquences politiques d'une telle réforme », estime la CGT des Finances publique de Haute-Corse.

« Au mois de janvier prochain les salaires et les pensions de retraites déjà bien entamées par les politiques anti sociales du gouvernement vont subir une baisse importante pour des millions de familles. Pour nombre d'entre elles le trop versé ne sera remboursé au mieux dans les 6 mois suivant au pire en 2020 », poursuit la CGT Finances publiques de Haute-Corse, qui dénonce la « fonte » de ses effectifs, avec notamment la fermeture progressive des trésoreries rurales.

Les craintes du syndicat rejoignent les préoccupations qui touchent jusqu’aux rangs de la majorité LREM, où l'on redoute une vague de mécontentement lorsque les Français verront leur salaire net baisser.

Des craintes écartées par le gouvernement, qui rappelle que les Français ont actuellement tendance à "sur-épargner en prévision des impôts futurs".

Le prélèvement des impôts à la source devait entrer en vigueur au 1er janvier 2019. Mais Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il attendait "des réponses précises" avant de décider, après des mois de préparation du pays à cette réforme majeure.



"Besoin de réponses"

"J'ai plutôt l'intention de conduire cette réforme à son terme, mais j'ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore, avant de donner une directive finale", a dit le président au cours d'une conférence de presse à Helsinki. "J'ai besoin d'une série de réponses très précises et d'être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place si on le met en place", a-t-il ajouté.

La mise en oeuvre du dispositif suscite la préoccupation de chefs d'entreprise et de syndicats, qui s'inquiètent de possibles failles ou angles morts.

Le gouvernement a déjà procédé à des ajustements ces dernières semaines: début juillet, il a ainsi annoncé un report à 2020 du prélèvement à la source pour les employés de particuliers-employeurs, en raison du retard pris dans la mise en œuvre de la plateforme informatique dédiée aux déclarations de salaires.

Mi-août, l'exécutif a de nouveau revu sa copie en annonçant un mécanisme permettant aux entreprises de moins de 20 salariés de se décharger de la collecte de l'impôt, via le dispositif Titre emploi service entreprise (Tese), utilisé pour les cotisations Urssaf.

 

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