• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Colloque: Boswell, l'ambassadeur écossais de la Corse de Paoli

Durant deux jours, un cycle de conférences a été consacré à Corte aux liens entre l'écossais Boswell et la Corse du XVIIIème siècle. / © viastella
Durant deux jours, un cycle de conférences a été consacré à Corte aux liens entre l'écossais Boswell et la Corse du XVIIIème siècle. / © viastella

Corsica Boswell ou la cause des Corses. C'est le titre du colloque organisé mercredi à l'université de Corse. A la suite de son passage sur l'île, l'écossais avait publié L'Etat de la Corse, un plaidoyer en faveur des insulaires. 250 ans après, les éditions Albiana éditent une nouvelle traduction..

Par Sébastien Bonifay

Tout cela est né d'une rencontre.
James Boswell, avocat et écrivain écossais, est âgé d'une vingtaine d'années lorsqu'il se lance dans une traversée de l'Europe qui le mène jusqu'à la Corse. 

 
James Boswell, peint par Sir Joshua Reynolds / © DR
James Boswell, peint par Sir Joshua Reynolds / © DR


Une manière de soigner son image


Et en octobre 1765, à Sollacaro, il rencontre Pascal Paoli. 
Et le général voit très vite l'intérêt de présenter la Corse au visiteur sous son meilleur jour. 

La toute jeune nation a besoin de se faire mieux connaître hors de l'île.
Selon Antoine-Marie Graziani, qui a signé une biographie de Paoli chez Tallandier, Boswell peut être un excellent moyen d'y arriver:
 

Le chemin de Boswell a été très largement balisé par Paoli, pour donner à son voyage une connotation qui permette aux corses d'apparaître sous leur meilleur jour, notamment par rapport aux difficultés qu'ils pouvaient rencontrer avec l'Angleterre. 

 
Pascal Paoli tel qu'il apparaît dans l'ouvrage de James Boswell / © DR
Pascal Paoli tel qu'il apparaît dans l'ouvrage de James Boswell / © DR




A son retour en Angleterre Boswell signe Account of Corsica, The journal of a tour to that island and memoirs of Pascal paoli

Le livre sera traduit en plusieurs langues et rencontrera un succès considérable. 

Pour les 250 ans de cette première édition, Albiana a réédité cet ouvrage, que l'on connaît ici sous le nom de L'Etat de la Corse.

L'universitaire Jean Viviès en a assuré la nouvelle traduction. Il s'est penché sur les répercussions du livre de Boswell à l'époque:
 

l'impact politique immédiat n'a pas été très fort, même s'il y a eu quand même des levées de fond, de l'envoi d'argent à Paoli et à ses troupes.Voire même de l'artillerie... En revanche l'impact a été immédiat sur l'image de la Corse et des corses. C'était, pour l'Europe, un repère de rebelles un peu barbares, et ces derniers ont été soudain vus comme des héros des Lumières, ces héros magnifiés par Rousseau dans son livre Du contrat social.

 
Jean Viviès a traduit la nouvelle édition de l'ouvrage de James Boswell, L'etat de la Corse / © viastella
Jean Viviès a traduit la nouvelle édition de l'ouvrage de James Boswell, L'etat de la Corse / © viastella


Boswell, inventeur de la biographie participative...


Des lignes célèbres dont la Corse s'enorgueillit depuis longtemps:
« Il est encore en Europe un pays capable de législation : c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette île étonnera l'Europe ».

Boswell n'est pas Rousseau, mais sa reconnaissance et sa renommée à travers les pays anglo-saxons n'est pas négligeable. 
Sa biographie de Samuel Johnson, l'un des grands noms de la littérature britannique, est considérée aujourd'hui encore comme un modèle. 

 
Gordon Turnbull à Corte pendant le colloque / © Viastella
Gordon Turnbull à Corte pendant le colloque / © Viastella


Gordon Turnbull est un spécialiste de Boswell, venu de la prestigieuse Université de Yale, aux Etats-Unis, pour participer au colloque Boswell ou la cause des corses, qui se tenait à Corte. 
Pour lui, le procédé a révolutionné la biographie:
 

Boswell, en évoquant une autre personne se mettait lui aussi en scène. Aujourd'hui on appelle ça le journalisme participatif. le principe, c'est d'être à la fois acteur et observateur. Et c'est ce Boswell a fait avec le général Paoli. En écrivant à la gloire du général Paoli, il a particpé aussi à bâtir la sienne.  

 

La maison de Boswell, en Ecosse, où Paoli résida quelques temps en 1771, durant son exil en Grande-Bretagne. / © Viastella
La maison de Boswell, en Ecosse, où Paoli résida quelques temps en 1771, durant son exil en Grande-Bretagne. / © Viastella
 

Sur le même sujet

Fête de la musique : à Bastia, trois studios de répétitions mis à disposition de groupes amateurs

Les + Lus