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“Piste agricole” de l'affaire Erignac : 20 ans après l'État jugé pour faute lourde par la cour d'appel de Paris

© Jennifer Cappai-Squarcini/FTVIASTELLA
© Jennifer Cappai-Squarcini/FTVIASTELLA

20 ans après l'Etat jugé pour faute lourde par la cour d'appel de Paris. Neuf personnes, poursuivies à tort dans l'enquête sur l'assassinat du Préfet Claude Erignac, demandent réparation. Elles avaient été mises en examen et écrouées dans le cadre de ce qui a été appelé la piste agricole. 

Par France 3 Corse ViaStella

Comme marqué au fer rouge, blessé à l’intérieur, Mathieu Filidori, militant nationaliste de la première heure, revient devant la cour d’appel. Il espère que l’État sera de nouveau condamné. 

Avec neuf autres mis en examen, il a attaqué l’État pour faute lourde. En 1998, il est incarcéré six mois puis mis en examen pour complicité après l’assassinat du préfet Erignac. 

 
Affaire Erignac : 20 ans après l'État jugé pour faute lourde par la cour d'appel de Paris
Intervenants - Mathieu Filidori, Agriculteur ; Maître Emmanuel Mercinier-Pantalacci, Avocat de Mathieu Filidori. Equipe - Marie-Françoise Stefani ; Jennifer Cappai-Squarcini ; Dominique Lameta.


Il restera mis en examen 19 ans. « Nous attendons une petite réparation historique. Ça fait 20 ans. Vous vous rendez compte ? Nous n’étions pas des fonctionnaires, mais des agriculteurs. Nous sommes toujours des agriculteurs actifs. Ça a été un préjudice économique énorme », soutient Mathieu Filidori, agriculteur. 

En 2016, 19 ans plus tard, le juge d’instruction a finalement rendu un non-lieu général. L’année dernière, la justice a condamné l’État pour faute lourde et à verser, aux neuf plaignants, une indemnité de 100 000 euros

 

« Méandres »


Mais l’État a fait appel. « Le débat, c’est de savoir : est-ce que les torts sont partagés. Il n’est plus contesté que l’État est fautif. La question, c’est de savoir si les torts sont partagés. Je dis qu’ils ne sont pas partagés. Ce n’est pas au justiciable à être comptable des incuries de la justice. Lorsqu’une procédure dure pendant 18 années, tandis que les investigations ont cessé depuis 16 ans, ce n’est pas au justiciable à mettre en œuvre des moyens pour que la justice ne se perde pas dans ce genre de méandres. Ce n’est pas le justiciable qui est comptable d’une bonne justice, c’est jusqu’à présent l’État », précise Maître Emmanuel Mercinier-Pantalacci, avocat de Mathieu Filidori. 

La chambre civile de la cour d’appel rendra son jugement le 6 novembre prochain.


 

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