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Ajaccio : l’accueil des migrants et le droit d’asile en questions

Clôture des interventions de la Chaire de l'Esprit Méditerranéen de l'Université de Corse. Plusieurs enseignants et chercheurs y ont participé tout au long de l'année. Le professeur d'anthropologie italien Roberto Beneduce a traité de la question de l'accueil des migrants et du droit d'asile.

Par France 3 Corse ViaStella

Roberto Beneduce est d'abord ethnopsychiatre. Il s'intéresse aux souffrances dans leur contexte culturel.

Après avoir beaucoup appris des guérisseurs maliens, il s’occupe de soigner, notamment, les populations venues en Italie depuis l’Afrique de l'Ouest. Actuellement, les commissions d'accès au droit d'asile peuvent lui demander si sur la question des violences subies, qui l’ont poussée à chercher refuge, un migrant dit la vérité ou non.

Dans la bibliothèque Fesch, le petit auditoire ne perd pas un mot. « Obliger quelqu’un à dire la violence qu’il a reçue, pour pouvoir le croire, et chercher à mettre en cause la violence qu’il a eue… Je trouve ça impressionnant », explique un spectateur.

Roberto Beneduce est aussi anthropologue. Il interroge l’ignorance ,et le mépris des cultures des « autres » qu’il peut constater dans la société européenne.



Perte de mémoire


Sortir de cette indifférence dévastatrice exige un peu de travail. « C’est un effort d’analyse constant qui doit obliger les collectivités, comme les experts à penser la complexité des trajectoires historiques qui poussent les gens à quitter leur pays », précise Roberto Beneduce.

Car les peuples d'Europe ont perdu la mémoire de leurs propres misères et oppressions : quand les Irlandais peuplaient les États-Unis, les Italiens l'Argentine, ou les Corses Porto-Rico. Aujourd'hui, des tribunaux français disent que la solidarité est un délit.

Pour sauver cette valeur morale fondamentale, l'anthropologue la pose comme un concept politique. « C’est déjà un acte qui s’applique dans le quotidien et qui n’admet pas que la relation avec les autres soit gérée uniquement par les États. Si vous pensez à la dimension révolutionnaire de cette position, ça veut dire qu’en tant que citoyen, je veux avoir un rapport avec un autre homme, ou une autre femme, qui ne soit pas réglé uniquement par les vérités des lois d’État », estime l’anthropologue.

Après Ajaccio, Corte, la dernière étape du séminaire organisé par la chaire de la pensée méditerranéenne, se déroulera jeudi à Bastia au cinéma le studio. Rendez-vous à 18 h 30.



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