L’âne Corse, une espèce bientôt reconnue ?

Olivier Fondacci, éleveur, avec ses ânes. / © Pierrick Nannini / FTVIASTELLA
Olivier Fondacci, éleveur, avec ses ânes. / © Pierrick Nannini / FTVIASTELLA

L’associu di u sumere è di a mula corsa milite pour la reconnaissance de l’âne Corse. En dehors de ses caractéristiques physiques, son histoire accompagne celle du peuple de l’île.
 

Par P.S.

Santa Riparata di Balagna, Olivier Fondacci élève une centaine d’ânes de toutes races. Pour que son activité perdure et pour trouver un équilibre financier, il a dû trouver des solutions : « Ca fait à peu près de dix ans que je suis installé, raconte-t-il.  J’avais un autre métier et il fallait quand même vivre, je n’arrivais pas à subvenir à mes besoins avec les ânes. Mais tout doucement nous avons investi nos revenus issus de la production des ânes et depuis deux ou trois ans nous ne faisons que cette activité ».

L’éleveur propose notamment des balades à dos d’âne –une vingtaine de randonnées par jour pendant l’été, des savons à base de lait d’ânesse, à la myrte ou au miel.
L’âne Corse, une espèce bientôt reconnue ?
Intervenants - Olivier Fondacci, éleveur d'ânes // Eugène Tramini, éleveur d’âne et des chevaux // Ghjaseppu Bernardi, fabricant de savons en Plaine orientale Equipe - François-Albert Bernardi / Marc-Antoine Renucci, Pierrick Nannini

Avant d’être une attraction touristique ou la vedette des magasins souvenir, l’âne était le compagnon du quotidien des Corses.
 

Patrimoine

Sur les chemins les plus escarpés, il transportait le bois, les châtaignes etc. Dans les moulins, il tournait la meule du pressoir. Dans la vigne les ânes participaient au rendement. Ils accompagnaient même les enfants à l’école.

En 1930, 20 000 ânes sillonnaient les routes de l’île.  Il en reste à peine 2000 aujourd’hui.

« Nos anciens les aimaient parce qu’ils étaient indispensables pour tout. J’ai connu ma grand-mère elle allait au jardin avec l’âne, elle se déplaçait de village en village, parce qu’elle était sage-femme, à dos d’âne. Le mulet coûtait plus cher et les mulets sont plus nerveux. A l’entretien l’âne ça ne coûte pas une énormité », précise Eugène Tramini, éleveur d’âne et des chevaux à Venzulasca.

Il est président de l’association di u sumere è a mula corsa. Une association qui depuis deux ans parcourt l’île avec des experts de la filière pour recenser chaque âne de Corse. Le but : établir le standard de ce que pourrait être la race corse.
 

Race Corse

 « L’âne corse se différencie des autres par la croix [sur son dos], sa taille, le port des oreilles, la couleur gris tourterelle, pas de lèvres tombantes, des yeux de biche, un chanfrein rectiligne, jamais concave, des naseaux bien ouverts, expressifs et surtout surtout la crinière hirsute, pas tombante », détaille Eugène Tramini.

Des critères difficiles à respecter du fait des croisements. Seuls 120 ânes ont été recensés comme corses. Cette année une vingtaine de naissances sont attendues.
 

Collecte des déchets

Olivier Fondacci veut lui aussi sauvegarder la race et développer une économie autour de l’âne corse : « Le but c’est de faire du lait d’ânesse d’âne corse. Au niveau traçabilité on n’aura plus rien à prouver. Ce sera des ânes qui seront en Corse mais qui seront aussi de race corse. Le but c’est que notre race ne se perde pas. »

C’est en diversifiant l’activité autour des ânes que la pérennité de la filière sera assurée. Ainsi, Olivier Fondacci va bientôt se lancer dans la collecte de déchets à L’Ile Rousse… à dos d’âne bien sûr.
 

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