Assises : le procès de l’assassinat d’Antoine Nivaggioni se tient à huis clos

Un enquêteur de la police judiciaire s'affaire sur les lieux où l'ancien militant nationaliste corse Antoine Nivaggioni a été tué, le 18 octobre 2010 à Ajaccio / © STEPHAN AGOSTINI / AFP
Un enquêteur de la police judiciaire s'affaire sur les lieux où l'ancien militant nationaliste corse Antoine Nivaggioni a été tué, le 18 octobre 2010 à Ajaccio / © STEPHAN AGOSTINI / AFP

Plus de 7 ans après l'assassinat d'Antoine Nivaggioni, cinq hommes comparaissent devant la cour d'assise d'Aix en Provence. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à la préparation du crime. Le chef présumé, Jacques Santoni est absent. C'est un homme sous statut de repenti qui a livré les détails.

Par France 3 Corse ViaStella

Le premier repenti de France est arrivé au palais de justice d’Aix-en-Provence entouré par des hommes du Raid puissamment armés. Patrick Giovannoni, ancienne petite main du « Petit bar », a accepté de collaborer avec la justice. Mais il doit comparaître pour association de malfaiteurs, car il est considéré comme un repenti tardif.

C’est-à-dire qu’il n’a pas empêché la commission du crime, mais a permis d’identifier ses auteurs. Il n’est pas exempt de procès, mais peut bénéficier d’une réduction de peine.



C’est à la demande de son avocat que le procès est jugé à huis clos. « Il craint pour sa vie sinon on ne ferait pas tout ça, s’il ne craignait pas pour sa vie on serait beaucoup plus libre. Mais il a dénoncé des criminels qui ont du sang sur les mains. Et donc il craint évidemment pour sa vie », indique maître Laurent-Franck Lienard, Avocat de Patrick Giovannoni.

« C’est le seul élément de l’accusation »


Cette décision de huis clos a provoqué la colère des avocats de la défense qui dénoncent un procès jugé dans le secret. « Une justice secrète ne peut pas être une bonne justice. Dans ce dossier, il n’y a que la parole incertaine d’un individu louche, suspect. Dont en réalité, on ne sait pas grand-chose. Et la justice veut favoriser cette parole, je la comprends, c’est le seul élément de l’accusation », indique maître Bernard Ripert, avocat de la défense.

Ce procès aura lieu en l’absence du principal accusé, Jacques Santoni, présenté comme le chef de la bande du « Petit bar » et commanditaire présumé de cet assassinat. Il est tétraplégique et sera absent pour des raisons de santé. « Monsieur Jacques Santoni a des problèmes de santé qui sont graves. Une expertise a été ordonnée par le président qui a constaté que son état de santé n’était pas compatible sa comparution au procès d’assises. Donc ni victoire ni soulagement, un amer constat », souligne maître Pascal Garbarini, avocat de Jacques Santoni.

Sans journaliste, sans public et sans le principal accusé, le procès se poursuit en présence du repenti.


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