Condamnations d'indépendantistes catalans : la réaction des politiques corses sur les réseaux sociaux

Une manifestation réclamant la libération d'Oriol Junqueras à Barcelone en septembre 2018. / © Lluis Gene / AFP
Une manifestation réclamant la libération d'Oriol Junqueras à Barcelone en septembre 2018. / © Lluis Gene / AFP

Ce lundi 14 octobre, neuf indépendantistes catalans ont été condamnés à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. À l’annonce du verdict, des politiques corses ont immédiatement réagi sur les réseaux sociaux. 

Par A.A avec AFP

9 des 12 indépendantistes catalans ont été condamnés par la cour suprême espagnole à des peines allant de 9 à 13 ans de prison, ce lundi 14 octobre, pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. 

L’ancien numéro un du parti Gauche républicaine de Catalogne, Oriol Junqueras, a été condamné à la peine la plus lourde soit 13 ans de prison. Il était considéré comme le principal accusé en l’absence de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique. 

Ce dernier a réagi sur les réseaux sociaux. « 100 ans de prison en tout. Une aberration. Maintenant plus que jamais, à vos côtés et à ceux de vos familles. Il est temps de réagir comme jamais auparavant. Pour l'avenir de nos fils et de nos filles. Pour la démocratie. Pour l'Europe. Pour la Catalogne », a-t-il écrit sur Twitter. 

 


Les huit autres indépendantistes, dont l’ancienne présidente du parlement catalan Carme Forcadell, des dirigeants des puissantes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural ainsi que cinq anciens « ministres » régionaux, ont écopé de peines allant de 9 à 12 ans de prison pour sédition ou détournement de fonds publics. Certains d’entre eux étaient en détention provisoire depuis deux ans. 

Trois autres membres du gouvernement catalan ont été condamnés à des amendes pour désobéissance. 
 

« Justice franquiste »

À l’annonce du verdict, les réactions corses ont commencé à affluer sur les réseaux sociaux. Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, écrit : « Cent ans de honte, surtout, pour l’Espagne, pour avoir organisé cette parodie de procès, et pour l’UE, de l’avoir cautionnée par son silence. Sulidarità è libertà ! »

Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, déclare dans un Tweet : « Honte à Madrid et aux États européens qui laissent faire. »
 
 

 Le député européen François Alfonsi a estimé sur Twitter : « Justice franquiste, peines inouïes, procès stalinien. Espagne indigne de l’Europe. Libertà ! »
 


Jean-Félix Acquaviva, député de Haute-Corse, a jugé la décision de la cour suprême espagnole d’ « inacceptable ». L’ancien conseiller territorial Pierre Poggioli évoque des « sentences scandaleuses. »

 
 
 

La pire crise politique depuis 1975


Les 12 indépendantistes ont été jugés, de février à juin, pour avoir organisé le 1er octobre 2017, en dépit de l’interdiction de la justice, un référendum d’autodétermination, émaillé de violences policières, et pour la proclamation le 27 octobre d’une vaine déclaration d’indépendance votée par le parlement catalan

Cette tentative de sécession de la Catalogne, riche région du nord-est de l'Espagne, avait été la pire crise politique qu'ait connue le pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Le parquet n'avait pas hésité à qualifier les événements de 2017 de « coup d'État » alors que la défense rétorquait que la violence était venue quasi-exclusivement de la police le jour du référendum. Insistant sur le caractère pacifique de leur mouvement, les accusés avaient assuré pour la plupart qu'ils recommenceraient s'ils le pouvaient.
 

Vers un regain de tensions ? 

La situation s'est déjà tendue dans la région après le placement en détention provisoire à la fin septembre de sept militants indépendantistes radicaux soupçonnés de préparer des actions violentes. Les partis indépendantistes ont réagi en adoptant au parlement régional plusieurs motions défiant l'Etat espagnol.

Déjà en campagne électorale, le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez les a prévenus qu'il n'hésiterait pas à prendre des mesures extraordinaires pour garantir la sécurité dans la région si cela s'avérait nécessaire, même à suspendre son autonomie, comme en octobre 2017 après la tentative de sécession.



 

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