Corse : une directive européenne menace les pompiers volontaires

ILLUSTRATION - Trois étudiants ont été transportés à la clinique de Porto-Vecchio / © ALESSANDRO DELLA BELLA/KEYSTONE/MAXPPP - BERN SCHWEIZ
ILLUSTRATION - Trois étudiants ont été transportés à la clinique de Porto-Vecchio / © ALESSANDRO DELLA BELLA/KEYSTONE/MAXPPP - BERN SCHWEIZ

Un arrêt de la Cour de justice européenne assimile l’astreinte à domicile des pompiers volontaires à du temps de travail. Le temps maximum par semaine est de 48 heures, comment ces volontaires pourront-ils s'organiser ? C'est toute une profession qui s'interroge. Illustration en Haute-Corse.

Par France 3 Corse ViaStella

Au centre de secours principal de Bastia, des pompiers volontaires sont de garde. Ils sont donc nombreux à exercer un premier métier. Et lorsqu’ils sont à la caserne, ils sont soit en repos, soit en congés

En France, 78 % des pompiers sont volontaires. Le rapport est indispensable au service aux côtés des pompiers professionnels. 

 
© Christian Giugliano / FTVIASTELLA
© Christian Giugliano / FTVIASTELLA


Sauf qu’une directive européenne pourrait tout remettre en cause. Elle régit notamment le temps de travail (48 heures par semaine maximum ; 11 heures de repos entre deux jours travaillés ; les congés). 


« Problématique pour l’ensemble de la chaîne de secours »


Un arrêt de la cour de justice européenne veut maintenant l’appliquer aux pompiers volontaires. Ainsi, ils ne pourraient pas cumuler les horaires et le volontariat deviendrait inapplicable

« Si demain on viendrait à ne plus contribuer à ce schéma de fonctionnement, les gardes seraient fortement impactées. On serait dans cette idée de ne plus pouvoir assurer nos missions de sapeurs-pompiers volontaires ce qui est assez problématique pour l’ensemble de la chaîne de secours et pour la population », soutient l'adjudant-chef Frédéric Bagnaninchi, pompier volontaire Centre de secours principal de Bastia, délégué section "spinghjifochi vuluntarii" au service d’incendie et de secours de Haute-Corse. 

Jean-François Gaspari est commandant avec le statut de volontaire. Il est membre de la fédération nationale des sapeurs-pompiers, et se bat pour obtenir une dérogation

Il ne mâche pas ses mots contre la directive. « Si elle est appliquée, c’est la chute du socle sécurité civile en France. Une dérogation serait compliquée, il faudrait se créer une nouvelle directive que l’on appellerait ‘Engagement citoyen’ », explique-t-il. 

 
Corse : une directive européenne menace les pompiers volontaires
Intervenants - Adjudant chef Frédéric Bagnaninchi, Pompier Volontaire Centre de secours Principal de Bastia, Délégué section "spinghjifochi vuluntarii" SIS 2B ; Commandant Jean-François Gaspari, SIS 2B Conseiller technique auprès de la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France ; Caporal Chef Germain Sermet, Pompier volontaire CSP de saint Florent, Secrétaire général UNsa SIS 2B. Equipe - Anne-Marie Leccia ; Christian Giugliano ; Joseph Ienco.
 

« Les délais vont s’allonger » 


En attendant, dans les différents centres, l’inquiétude domine comme à Saint-Florent. Dans cette caserne, 60 pompiers travaillent à l’année, une dizaine sont des professionnels. D’autres centres ruraux fonctionnent, eux, seulement avec des volontaires. 

Et ils ne pourraient pas faire sans. « Les délais vont s’allonger. Ça va être de 8 à 10 minutes au mieux. Il va falloir attendre que l’on réintègre la caserne. Lorsque vous avez un malaise cardiaque ou une détresse vitale, il faut compter trois minutes. Comment faites-vous ? », s’interroge le caporal-chef Germain Sermet, pompier volontaire au CSP de Saint-Florent et secrétaire général UNsa au SIS 2B. 

Les pompiers professionnels et leur hiérarchie sont eux aussi vent debout contre la directive qui menacerait tout le système français de secours


 

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