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Le “dauphin corse”, amputé des deux bras, a traversé le lac Léman à la nage

Une distance de 60km parcourue en 21h. / © Yan Gaëtan Olivo
Une distance de 60km parcourue en 21h. / © Yan Gaëtan Olivo

Traverser à la nage une distance de 60km dans le lac Léman : un défi relevé le samedi 26 juillet par Thierry Corbalan, surnommé le "dauphin corse". Amputé des deux bras, le nageur est un habitué des performances aquatiques. 

Par Axelle Bouschon

Il y a ceux qui, pour célébrer leur anniversaire, s'octroient une grasse matinée et invitent famille et amis autour d'un bon gâteau. 

Thierry Corbalan, lui, a préféré se jeter à l'eau : 


Je me suis dit, pour mes 60 ans, ce serait pas mal un défi à la nage de 60km dans le lac Léman.


Et c'est désormais chose faite : parti le vendredi 26 juillet à 16h de la plage de Saint Gingolph en Haute Savoie, le nageur émérite est finalement arrivé sous le jet d'eau de Genève en Suisse peu après 13h le samedi 27 juillet.

Une performance impressionnante : 60km réalisé en 21h. Et qui le devient encore plus quand on sait que le nageur, surnommé le "dauphin corse", est amputé des deux bras. 
 

Le "dauphin corse"


"C'est un défi que je préparais depuis des mois. Il fallait gérer l'organisation, obtenir les autorisation pour pouvoir nager dans le lac Léman, et assurer la partie sécurité."

Pour accomplir son challenge, le sportif s'est soumis à un entrainement intensif de 20h de natation par semaine, et 1h30 de vélo.

Et c'est finalement entouré de toute une équipe de soutien, avec notamment trois personnes en paddle qui l'ont suivi tout au long du trajet et des bateaux de sécurité des diverses villes qu'il a visité à la nage, qu'il s'est élancé, le 26 juillet. 
 
Thierry Corbalan était encadré par toute une équipe pour aller au bout de son défi / © Yan Gaëtan Olivo
Thierry Corbalan était encadré par toute une équipe pour aller au bout de son défi / © Yan Gaëtan Olivo


"Au début, le lac était très calme, les conditions étaient idéales, raconte Thierry Corbalan. Mais quand je suis arrivé à Thonon-les-bains, aux alentours de minuit, il y a eu un gros orage et de la pluie, ce qui nous a énormément ralenti".

Au 45km, le nageur, qui jusque là avancait à la force de sa monopalme, enfile des bipalmes pour terminer le trajet : "J'avais les jambes tétanisées. C'était un changement nécessaire pour continuer."

Et à force d'effort, le "dauphin corse" a finalement atteint son objectif, épuisé mais heureux :

C'était un vrai bonheur de passer sous le jet d'eau de Genève. Ce n'est pas donné à tout le monde. Et j'étais vraiment ému d'arriver au bout. Avant le départ, on ne sait jamais ce qui va se passer, ni comment ça va se finir, surtout avec la contrainte de la météo.

 

Profit associatif


Cette performance impressionnante, il la faisait en partie pour se surpasser. Mais aussi et surtout au profit de deux associations

La sienne, "Le Dauphin Corse", fondé en 2012, qui vise à apporter un soutien thérapeutiques et matériels aux personnes malades ou en situation de handicap, et "Sepas Impossible".

Crée en 2014 par Cécile Monod, l'association tend à construire un établissement où pourront être reçus les malades de la sclérose en plaque de Savoie et Haute Savoie.

Une facilitié encore inexistante dans la région à ce jour.

J'ai rencontré Cécile en 2015, se souvient-t-il. Elle cherchait quelqu'un pour effectuer un défi pour son association, et on lui a parlé de moi.


Cécile Monod lui propose alors déjà de s'attaquer au lac Léman, mais dans sa largeur : "Elle voulait que je nage depuis Lausanne jusqu'à Thonon-les-bains, ce que j'ai fait en juin 2015. Et depuis, nous avons liée une vraie relation d'amitié, et j'effectue presque tous les ans des défis pour son association. C'est toujours beaucoup d'émotion de pouvoir l'aider."
 
L'association SEPas Impossible lutte pour la création d'un centre pour les malades de la sclérose en plaques en Savoie. / © Yan Gaëtan Olivo
L'association SEPas Impossible lutte pour la création d'un centre pour les malades de la sclérose en plaques en Savoie. / © Yan Gaëtan Olivo



"Tout est possible"



Thierry Corbalan n'en est pas à son premier coup de palme : il avait déjà fait sensation, en 2017, en réussissant l'exploit de rallier à la nage l'île italienne de Monte Cristo à la plage de l'Arinella, au sud de Bastia.

Soit une distance de 80km en 26h.

Et le sportif ne compte pas s'arrêter là : il a même déjà "une idée de défi" en tête pour l'année prochaine

Mais c'est désormais aussi à des conférences, où il pourrait partager son histoire, que Thierry Corbalan aimerait se consacrer.

Policier à la retraite, Thierry Corbalan a vu son destin basculer en 1988. Victime d'une électrocution, il est amputé des deux bras et d'un orteil.

Un accident qu'il n'a jamais laissé le définir et malgré lequel il est capable, aujourd'hui, de réaliser des défis qui relèvent de l'exploit.


Je veux donner du courage à celles et ceux qui sont dans des situations similaires à la mienne. Et leur montrer que tout est possible.

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