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Dossier : l’importation et la consommation de drogues prennent de l’ampleur en Corse

6% des moins de 17 ans reconnaissent avoir un usage régulier de cannabis en Corse (OFDT, Juillet 2015) / © ALAIN JOCARD / AFP
6% des moins de 17 ans reconnaissent avoir un usage régulier de cannabis en Corse (OFDT, Juillet 2015) / © ALAIN JOCARD / AFP

La Corse s’est longtemps crue à l’abri du trafic de drogue, mais depuis quelques années l’importation et la consommation de produits stupéfiants ont pris de l’ampleur. Conséquence, la lutte anti-stupéfiants s'accentue. La prévention, elle, a du retard.

Par France 3 Corse ViaStella

Le geste est assuré, parce qu’il est habituel. Comme des milliers d’autres, en Corse, cet Ajaccien fume du cannabis. Un produit qu’il croise dans une soirée et qui, au départ, ne l’avait pas forcément convaincu.

« Mes copains fumaient du cannabis. Et je me suis dit pourquoi ne pas essayer, si ça peut me détendre. Mais en fait, pas du tout, ça m’a envoyé sur une autre planète. C’était la première fois. Je l’ai mal vécu, mais j’ai refumé le lendemain et ça a commencé comme ça, doucement », témoigne-t-il.

À Bastia, les policiers, entre autres, font un constat : la drogue circule toute l’année dans l’île. « On va dire que le cannabis touche plus les jeunes, plutôt très jeunes, parce que c’est moins cher. Ça peut commencer malheureusement dès le lycée, après il n’y a pas de limites d’âge évidemment.

Sur la cocaïne, je serai plus réservé. C’est un produit qui est un peu plus cher, qu’on va réserver à certains milieux sociaux, mais pas que. On a parfois des consommateurs assidus qui sont en grande précarité
», indique Eric Eudes, directeur de la sécurité publique de Haute-Corse.

Un trafic plus organisé


Le problème est bien réel, même si le trafic n’a pas encore atteint les mêmes proportions qu’à Marseille par exemple. « Je ne voudrais pas laisser entendre, parce que c’est faux, que la Corse serait maillée par des réseaux criminels de trafiquants de stupéfiants et aujourd’hui dévastée par ça. Ce n'est objectivement pas le cas », insiste Franck Rastoul, procureur général près de la cour d'appel de Bastia.

Néanmoins, les services de sécurité s’inquiètent, car le trafic apparaît plus organisé qu’auparavant. « Les dernières affaires nous permettent d’établir certains points entre des trafics locaux et des trafics qui sont plus importants et menés par le grand banditisme corse. Ces trafics-là sont clairement reliés à des bases sur Paca, à Marseille, à Nice, remontent sur la région parisienne, remontent sur l’Espagne et sur les Pays-Bas
», précise Xavier Delarue, coordonnateur des forces de sécurité en Corse.



« Pas de culture de la prévention »


Réprimer les trafics est une partie de la solution. Soigner les consommateurs quand leur état le nécessite aussi. C’est ce que s’échinent à marteler les addictologues. « On comprend l’inquiétude des parents. Mais le problème, c’est que dans notre pays, on n’est pas du tout dans une culture de la prévention. Par exemple au Canada, la promotion de la santé est enseignée auprès des plus petits », explique Fabienne Gérard, directrice du centre d'addictologie de Bastia.

L’heure des manuels de prévention, qui circulent déjà dans les écoles canadiennes, n’a pas encore sonné en France. Le gouvernement réfléchit ici à une contravention immédiate qui éviterait la case justice aux simples consommateurs. Un projet qui, avant même son adoption, fait débat.


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