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Dossier – La méthode de tri sarde, un exemple à suivre pour la Corse ? 

En Sardaigne, 26% des déchets ultimes sont enfouis et 14% sont incinérés. / © Stéphane Agostini/FTVIASTELLA
En Sardaigne, 26% des déchets ultimes sont enfouis et 14% sont incinérés. / © Stéphane Agostini/FTVIASTELLA

La Sardaigne est l'une des régions les plus vertueuses d'Italie et d'Europe en matière de recyclage. Après tri et surtri, les déchets ultimes sont enfouis à hauteur de 26 % ou incinérés à hauteur de 14 %. Des résultats obtenus en cinq ans grâce à la collecte au porte-à-porte. Illustration à Olbia. 

Par France 3 Corse ViaStella

Cela fait 11 ans que Salvatore Azzena arpente la décharge d’Olbia en Sardaigne. Une décharge presque sans odeur et des mouettes qui viennent par habitude. Il a fallu cinq ans pour que tout change et que le volume des ordures ménagères passe de 80 % à 26 %. Tout ce qui arrive sur le terrain a été retrié pour éviter au maximum les matières organiques. 

Elles ne sont plus qu’à l’état de traces. « C’est très faible. On le voit sur les analyses que l’on fait sur les matières fines qui passent d’abord par un biostabilisateur. On arrive à voir précisément les types de déchets qui sont là », explique Salvatore Azzena directeur technique  technique du site intercommunal de traitement. 

 

« On doit être très attentifs »


Tout commence à 4 h 30 du matin, dans une entreprise de collecte privée. C’est là qu’une centaine d’ouvriers prennent leur feuille de route qui est assez complexe à élaborer. La commune est plus étendue que le pays ajaccien. Elle est divisée en 15 zones et cinq matériaux différents y sont collectés. « On doit être très attentifs pour que les gens fassent un bon tri », indique l’un des employés. 
Avec l’adoption de la collecte au porte-à-porte, le nombre d’employés a été multiplié par 2,5. Actuellement, ils sont presque 190 à travailler pour l’entreprise. Et le nombre de camions, de tailles différentes, a aussi augmenté. 

Il faut dire que la méthode est capillaire. Dans les rues et ruelles, elle implique d’aller au plus près des usagers. Chaque foyer dépose au pied de sa porte ses petits conteneurs. Le jaune est utilisé pour le papier, et le marron pour les biodéchets. Ils sont identifiables par un code barre et quand il y a un mélange, les éboueurs laissent un « Avviso ». 

 
Dossier – La méthode de tri sarde, un exemple à suivre pour la Corse ? 
Intervenants : Salvatore Azzena, Directeur technique du site intercommunal de traitement ; Torre Melino, Collecteur ; Marco Pattitoni, Habitant d' Olbia ; Settimo Nizzi, Maire d' Olbia ; Eliseo Piras, Collecteur. Reportage : Florence Antomarchi ; Stéphane Agostini ; Rosanne Morere.


Ce matin-là, il y a une entorse au règlement. « Il y a deux problèmes. Le premier, c’est que le sac plastique n’est pas compostable. Et puis au milieu des biodéchets il y a de l’aluminium », note un éboueur. Conséquence : les ordures ne sont pas ramassées. 
 

« Ils pourront me livrer les conteneurs »


La commune compte 25 000 logements. La gestion des conteneurs est centrale, chaque foyer en compte cinq. La traçabilité en dépend. Tout usager laisse son « Codice Fiscale », l’équivalent du numéro de sécurité sociale, et personne n’y échappe. « Tout ça, c’est pour eux. Je ne sais pas exactement pourquoi ils veulent le code fiscal. Je leur ai amené aussi l’inscription à la chambre de commerce, pour mon entreprise. Avec ça, ils pourront me livrer les conteneurs », raconte un habitant. 

C'est la région sarde qui fixe les objectifs croissants de tri sélectif. Les communes qui ne les appliquent pas payent des sanctions financières. Olbia a choisi sa méthode, en démarrant en 2013 par le plus dur : les commerces et restaurants. 

Résultats incroyables de propreté aujourd'hui. « Au début ca été très difficile, le système du porte-à-porte, c'est compliqué pour les gens. Ils disent qu'ils n'ont pas de place dans leur appartement pour les containers, souvent, ils les oublient dehors, il y aussi la question e des horaires, quand ils travaillent, ils me disent : je pars à 7 heures. Comment tu veux que je dépose les bacs à 10 heures ? Ce sont tous ces problèmes de la vie quotidienne des citadins », souligne Settimo Nizzi, maire d'Olbia. 
 

Même chose pour les touristes 


Et puis il y a les touristes. À Porto Rotondo, 3 000 logements vides 10 mois sur 12. Pour « tracer » une population de passage, locataires, parfois au noir, une seule solution, la caméra et le badge. « Les familles ont un box réservé avec leur badge, elles ne peuvent ouvrir que ce box-là. On connaît les dix familles qui viennent ici pour faire leur tri et elles ne peuvent aller nulle part ailleurs », explique Eliseo Piras, opérateur. 

Avis et amendes sont répartis entre les appartements concernés par le local. Tracer, sanctionner pour augmenter la qualité de la collecte. C’est d’elle que dépend la qualité du recyclage.    


 

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